Vers une résolution sans effusion de sang du dossier FDLR, qui alimente les tensions entre la RDC et le Rwanda. Les principales puissances mondiales ont approuvé le protocole sur le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des miliciens rwandais dont leur présence dans l’est congolais constitue l’un des principaux arguments sécuritaires invoqués par le Rwanda pour justifier son invasion de la RDC.
La stratégie diplomatique menée par Kinshasa porte déjà ses fruits. Le ministre congolais en charge de l’Intégration régionale, à travers sa récente tournée, a réussi à convaincre les partenaires internationaux au sujet d’une solution pacifique concernant les FDLR alors que Kigali exigeait une offensive militaire.
Dans une déclaration commune, les États-Unis, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni ont souligné l’importance cruciale de la mise en œuvre de ce protocole par le gouvernement congolais.
Pour réussir le pari, la communauté internationale a exhorté la République démocratique du Congo à clarifier les mécanismes de lutte contre l’impunité, tels que mentionnés dans le protocole, et à collaborer avec la MONUSCO, partenaire clé pour sa mise en œuvre.
« L’ICG prend bonne note de l’annonce faite le 28 juillet par le gouvernement de la RDC, selon laquelle une faction des FDLR a formellement accepté et signé un protocole sur son désarmement, sa démobilisation et son cantonnement. L’ICG exhorte les autorités congolaises à élaborer rapidement un plan opérationnel et un calendrier réaliste pour mettre en œuvre une neutralisation efficace des FDLR, conformément aux obligations signées dans le cadre des accords de Washington et du plan de désengagement des forces/levée des mesures défensives du Rwanda (CONOPS) du 31 octobre 2024, et de l’accord de Washington du 27 juin 2025 », ont-ils déclaré, se disant prêts à accueillir favorablement toute avancée concrète entreprise par la RDC ou le Rwanda, conformément aux engagements pris dans le cadre du processus de paix.
Après des négociations avec les autorités congolaises, les responsables politiques et militaires des FDLR ont signé un protocole d’accord. Ce processus vise un désarmement volontaire et le cantonnement des combattants, bien que sa mise en œuvre concrète et les garanties entourant le sort des ex-combattants suscitent des débats complexes entre Kinshasa, Kigali et les organisations régionales.
En misant sur ce plan de paix, la RDC cherche à priver le Rwanda de son principal argument sécuritaire pour justifier son ingérence dans l’est de la République démocratique du Congo. A ce stade, rien n’est encore acquis. Le Rwanda campe sur sa position. Il exige une action militaire contre les FDLR. L’administration Kagame continue d’accuser le gouvernement congolais de maintenir une collusion avec les rebelles hutu rwandais, illustrant les divergences profondes et les blocages persistants entre les deux pays malgré les initiatives diplomatiques.
D’après l’accord de paix de Washington, la neutralisation des FDLR devrait se faire simultanément avec le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. Le statu quo observé confirme que le chemin vers la paix dans la partie orientale de la RDC est complexe.





