Les parlementaires réexamineront en septembre la loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo (RDC), à la demande du président Félix Tshisekedi, afin de répondre à des réserves émises par la Cour constitutionnelle. Une démarche dénoncée par le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme, Jean-Claude Katende, accusant la famille politique du chef de l’Etat de tenter une « deuxième tricherie », qui ouvrirait la voie à un troisième mandat alors que la Constitution en vigueur le limite à deux.
La Chambre basse du Parlement a, dans un communiqué, justifié cette nouvelle délibération par la nécessité de disposer d’un texte législatif offrant toutes les garanties de clarté, de cohérence, d’intelligibilité et de sécurité juridique dans l’exercice du pouvoir souverain du peuple.
Cet argumentaire a du mal à passer auprès de la société civile, qui exige le retrait pur et simple du texte initié par le député national Paul-Gaspard Ngondankoy. Jean-Claude Katende est catégorique : la deuxième relecture ne lui enlève pas ses germes anticonstitutionnelles.
« La seconde lecture de la loi référendaire demandée par le président de la République est une deuxième tricherie. Une loi anticonstitutionnelle, son sort ultime est d’être retirée », a-t-il tonné, mettant en garde contre un changement constitutionnel qui, selon lui, plongerait le pays dans le chaos.
Pour l’activiste Katende, « 2028 reste l’année du départ du président Tshisekedi du pouvoir » alors que les faucons du parti présidentiel excluent cette possibilité, invoquant la crise sécuritaire dans l’est du pays.
Le président de la République a saisi, par une lettre datée du 10 août 2026, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat afin de solliciter, conformément à l’article 137 de la Constitution, une nouvelle délibération sur la loi référendaire. Cette procédure vise, a précisé le rapporteur de la Chambre basse du Parlement, à intégrer les clauses interprétatives de la Cour constitutionnelle.
Dans son arrêt R.Const. 2695 du 28 juillet 2026, la haute cour déclaré cette loi conforme à la Constitution, tout en formulant des réserves impliquant la suppression, la substitution et la réécriture de certaines dispositions.
Ce texte est au cœur des tensions politiques entre le pouvoir et l’opposition. Les opposants dénoncent une manœuvre visant à permettre un troisième mandat au président Félix Tshisekedi. Des figures de premier plan, notamment Martin Fayulu et Moïse Katumbi, considèrent ce projet comme une ligne rouge et préparent des actions citoyennes pour faire échec à l’initiative du camp présidentiel.









