Le cessez-le-feu mis à rude épreuve dans l’est de la RDC. D’intenses combats entre l’armée congolaise et l’AFC-M23 ont été signalés mercredi 12 août 2026 dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. Les rebelles accusent les forces gouvernementales d’avoir procédé à des tirs d’artillerie lourde contre leurs positions, notamment dans les localités de Rumbishi, Chambombo, Cyamatare et Gasovu. Les FARDC n’ont pas répondu à ces allégations.
La reprise des hostilités dans cette partie du territoire congolais a forcé des populations à fuir leur foyer. Dans un communiqué, la rébellion soutenue par le Rwanda a fulminé contre « les violations répétées du cessez-le-feu par Kinshasa ». Cette situation, a-t-elle mis en garde, risque d’éroder la confiance entre les parties et de compromettre les efforts diplomatiques engagés en faveur d’une solution politique durable.
« L’AFC/M23 condamne fermement ces attaques et dénonce une escalade militaire qui expose directement les populations civiles…Cette nouvelle escalade menace également les engagements de Doha. Les engagements pris autour de la table des négociations ne peuvent avoir de sens que s’ils sont effectivement respectés sur le terrain », a déclaré le mouvement dirigé par le trio Nangaa-Bisimwa-Makenga.
Le processus de Doha « en danger »
Kinshasa et l’AFC-M23 ont signé à Doha une feuille de route encadrant huit protocoles prioritaires (dont le cessez-le-feu, l’échange de prisonniers, le retour des déplacés et le rétablissement de l’autorité de l’État).
Une première libération et remise de 15 détenus a eu lieu en août 2026 dans le cadre du mécanisme d’échange convenu, saluée par les partenaires internationaux (États-Unis, Qatar, Union africaine). Malgré ces avancées humanitaires, le processus fait face à des blocages et à des violations régulières sur le terrain, les belligérants s’accusant mutuellement de ne pas respecter pleinement les engagements pris.
Pour l’AFC-M23, toute violation dûment établie de l’armée congolaise doit faire l’objet d’une réponse appropriée, afin de préserver la crédibilité du processus de Doha et d’assurer une protection effective des populations civiles.
« L’AFC/M23 appelle les facilitateurs du processus de Doha ainsi que la communauté internationale à faire preuve d’impartialité et de fermeté. La paix ne peut être construite sur une application sélective des principes », a-t-elle indiqué, soulignant que la paix en République démocratique du Congo ne peut être une simple succession de déclarations diplomatiques.




