À l’appel de l’opposition, qui entend contraindre le président Félix Tshisekedi à renoncer au projet de changement constitutionnel, initiative qui lui permettrait de briguer un troisième mandat, plusieurs milliers de manifestants sont attendus devant le siège du Parlement à Kinshasa, mardi 15 septembre 2026, coïncidant avec la rentrée parlementaire.
L’ouverture de la session parlementaire de septembre s’annonce très agitée. Les députés nationaux et sénateurs, qui ont été saisis par le chef de l’Etat pour réexaminer la loi sur le référendum, feront face aux opposants, déterminés à défendre l’ordre constitutionnel.
Après l’expiration de l’ultimatum fixé (au 15 août) pour la convocation d’un dialogue national inclusif, sans que le chef de l’Etat ne s’exécute, la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) mobilise les Congolais avec un message sans équivoque : « aucune révision, aucun changement de Constitution, aucun référendum, aucun artifice juridique ne peut servir à contourner l’article 220, à neutraliser la portée de l’article 70 ou à ouvrir, sous quelque forme que ce soit, la voie à un troisième mandat de Félix Tshisekedi ».
Les différentes rencontres tenues notamment avec le président burundais et le tandem CENCO-ECC n’ont rien apporté de concret. La crise s’enlise. Pour la C64, le renvoi au Parlement de la loi portant organisation du referendum pour une nouvelle délibération ne constitue ni le retrait de cette loi ni une renonciation formelle au projet de changement de Constitution.
« Dans un pays confronté à la guerre et à l’occupation d’une partie de son territoire, les risques de compromission de la cohésion nationale et de balkanisation que fait peser un tel projet constituent une menace supplémentaire artificiellement créée pour notre indépendance nationale, notre souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo », tonne l’opposition, dénonçant l’engagement continu de l’administration Tshisekedi dans la rébellion contre la Constitution.
Pour faire échec à l’initiative du pouvoir, la C64 a décidé de réactiver la rue. Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et Matata Ponyo ont précisé qu’à Kinshasa, plusieurs points de rassemblement seront déterminés pour converger vers le Palais du Peuple, siège du Parlement.
« Pas de troisième mandat pour Félix Tshisekedi », tranche la C64, rappelant que l’alternance démocratique, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale sont des exigences auxquelles elle ne renoncera pas.
Le bras de fer se poursuit donc entre le pouvoir et l’opposition. À deux ans de la fin du dernier mandat constitutionnel de Félix Tshisekedi, les tensions politiques sont vives, alors qu’une partie du territoire national est occupée par l’armée rwandaise et les rebelles de l’AFC-M23. Entre ambition personnelle et survie de la nation, le dépassement est conseillé pour éviter l’implosion de la RDC.









