Respect du droit international. Au plus haut niveau, la Tanzanie a pris position contre l’agression rwandaise en RDC. S’alignant strictement sur les résolutions « pertinentes » du Conseil de sécurité de l’ONU, la présidente tanzanienne Samia Suluhu, qui a conféré avec son homologue congolais Félix Tshisekedi, mardi à Zanzibar, a réclamé le retrait des troupes rwandaises du territoire de la République démocratique du Congo.
Au grand dam de Kigali, Dodoma défend l’unicité du territoire congolais, qui forme un tout indivisible et soumis à un seul et unique pouvoir souverain de Kinshasa, alors que l’armée rwandaise et les rebelles du M23 occupent de vastes portions de territoire dans l’est de la République démocratique du Congo, notamment une grande partie de la province du Nord-Kivu, incluant la ville stratégique de Goma prise en janvier 2025, ainsi que plusieurs localités des territoires de Rutshuru et Masisi.
Cette invasion condamnée par la communauté internationale était au cœur des échanges entre Samia Suluhu et Félix Tshisekedi. « Ils ont réaffirmé leur attachement à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de la République démocratique du Congo et ont appelé à la pleine application, par tous les acteurs concernés, de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment la cessation des hostilités et le retrait des forces étrangères du territoire congolais », lit-on dans leur déclaration conjointe.
Tandis que le Rwanda justifie ses interventions militaires sur le sol congolais par la présence des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), la RDC et la Tanzanie ont salué les efforts déployés par les autorités congolaises pour neutraliser les forces négatives, et ont pris note des engagements pris en faveur du désarmement et de la dissolution des FDLR.
Pacifistes, les deux chefs d’Etat « ont souligné l’importance d’un désarmement, d’une démobilisation, d’un rapatriement ou d’une réintégration effectifs, selon le cas, ainsi que de la reddition de comptes et de la justice transitionnelle, conformément au droit national et aux obligations internationales applicables ».
Pour une solution pacifique et durable de ce conflit, Suluhu et Tshisekedi ont exprimé leur soutien aux efforts menés par l’Union africaine et aux processus de paix de Washington et de Doha, et ont appelé à leur mise en œuvre cohérente, coordonnée et rapide.
Dans le but de porter un coup dur au trafic illicite de minerais, qui alimente le conflit, les dirigeants congolais et tanzanien ont pris l’engagement d’intensifier la coopération, notamment par le biais des mécanismes régionaux établis, et de renforcer la coopération bilatérale en matière de défense et de sécurité, y compris par le partage d’informations et le renforcement des capacités.
Le chemin vers la paix étant complexe, ils ont assuré qu’ils travailleront en faveur d’une coordination plus étroite au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de l’Union africaine (UA) et des Nations Unies.








