Le dialogue tel que pensé par Félix Tshisekedi pourra-t-il résoudre durablement la crise congolaise ? Pour Jean-Pierre Bemba, la réponse est affirmative. Le leader du MLC, contrairement aux principaux opposants, soutient un Tshisekedi qui orchestre le calendrier, impose son tempo et maîtrise le déroulement des événements.
En RDC, la convocation du dialogue national se fait toujours attendre alors que la crise s’empire. Dans l’est du pays, les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda continuent de gagner du terrain. À Kinshasa, l’opposition investit la rue. De son côté, le président de la République fait effectivement ce qu’il veut avec les pendules. Son approche cassant les codes habituels sur les pourparlers a été adoubée par Bemba selon certains analystes, par solidarité gouvernementale plutôt que par conviction.
À la place de lancer directement les assises, au regard de la menace existentielle qui pèse sur la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi préfère traîner le pas, en instituant d’abord, sous son autorité, un comité d’organisation préliminaire à la mise en place de la Commission préparatoire du dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État.
Pour Jean-Pierre Bemba, l’acte du chef de l’Etat « marque une étape importante » pour la République démocratique du Congo. Alors que Martin Fayulu et Moïse Katumbi opposent un non catégorique, rejetant un dialogue controlé par Tshisekedi, le ministre des Transports appelle la classe politique et la société civile à saisir ce moment « historique » pour aller de l’avant et créer les conditions d’un dialogue sincère avec toutes les composantes de la nation.
« La paix, la réconciliation nationale, la reconquête de notre cohésion, l’intégration nationale et la défense de notre souveraineté exigent de chacun responsabilité, engagement et dépassement de soi », a-t-il souligné, appelant à soutenir le président Tshisekedi dans cette vision innovante.
Bemba ne trouve aucun problème que le chef de l’Etat impose le rythme et fixe les règles. Sa position est aux antipodes de celle de la C64, principale coalition de l’opposition, qui réclame un dialogue national inclusif sous une médiation indépendante, avec Félix Tshisekedi comme partie au problème plutôt que comme un arbitre.








