La scène politique congolaise est sous tension maximale depuis que l’ancien président Joseph Kabila s’est allié aux rebelles soutenus par le Rwanda dans l’est du pays. La C64, qui refuse de s’aligner sur la rébellion tout en continuant de s’opposer fermement au projet de changement constitutionnel de Félix Tshisekedi, propose de rencontrer séparément les deux protagonistes. Le but est de pousser vers un dialogue national inclusif pour trouver une « issue congolaise à la crise ».
Face à la bipolarisation extrême, la plateforme regroupant les grandes figures de l’opposition Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Delly Sesanga, Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund), la C64 tente d’apaiser les tensions exacerbées par les initiatives de Kabila et Tshisekedi.
Réunie en conclave pendant deux jours à Rome, en Italie, la C64 exige un « vrai dialogue national inclusif » dont le format, les médiateur et les objectifs seraient négociés collectivement, et non imposés de manière unilatérale par le pouvoir.
Une manœuvre politique hautement stratégique. Elle permet aux cinq leaders de reprendre l’initiative face à un pouvoir affaibli par la crise sécuritaire et la radicalité armée de Kabila. La C64 tente ainsi d’imposer un schéma de paix dont elle serait l’architecte principal.
« Prenant en compte l’extrême gravité de la situation actuelle aux plans politique, socio-économique et sécuritaire de la République démocratique du Congo, dans un élan de dépassement patriotique, pour donner une ultime chance au pays de preserver son intégrité territoriale, la C64 prend ce jour l’initiative de : rencontrer le président Félix Tshisekedi d’une part, et le président honoraire Joseph Kabila d’autre part, afin de trouver une issue congolaise à la crise et convenir dans les meilleures conditions acceptables par tous d’un vrai dialogue national inclusif pour la sauvegarde des intérêts nationaux et preserver l’essentiel; conduire un plaidoyer auprès des partenaires de la RDC pour soutenir une solution durable et négociée à la crise. Les démarches de la C64 porteront les exigences de respect de la Constitution, de l’intégrité territoriale, de protection des populations, de garantie des libertés publiques et de préservation de la souveraineté nationale, ainsi que les engagements attendus des parties au conflit », a déclaré la coalition de l’opposition.
Insistant sur une solution négociée, Fayulu, Katumbi, Kabund, Sesanga et Matata actent le fait que la crise sécuritaire dans l’est et tensions politiques ne trouveront pas de solution par les seules armes.
Cette ambition ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique congolaise. Certains opposants, à l’instar de Médard Kankolongo, dénoncent cette position en affirmant que la C64 est devenue un acteur politique ambigu dont le rôle balance dangereusement entre celui de médiateur et de partie prenante au dialogue.







