Dans un entretien accordé à Jeune Afrique le 3 novembre 2026 à Paris, l’opposant Moïse Katumbi a annoncé que la coalition C64 se rendra à Goma, au Nord-Kivu, pour rencontrer le chef rebelle Joseph Kabila. Une déclaration qui intervient à un moment où la crise politique et sécuritaire en République démocratique du Congo (RDC) entre dans une phase diplomatique décisive, entre la question du renouvellement du mandat de la MONUSCO, les accusations du Front pour la refondation de la nation (FRN) contre Kinshasa et la recherche d’un dialogue national inclusif.
Le président d’Ensemble pour la République condamne à la fois le recours aux armes par l’ancien chef de l’Etat et la volonté du président Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028. Selon les propos rapportés par Jeune Afrique, il estime que ces deux démarches sont contraires à la Constitution.
Il ajoute, à propos du président actuel, que Félix Tshisekedi veut se rebeller contre la Constitution. Interrogé sur une éventuelle mise sur un même pied d’égalité de Tshisekedi et de Kabila, il a répondu qu’il était désormais temps de dépasser les confrontations pour rechercher des solutions à la crise politique et sécuritaire qui secoue le pays. Cette position est la ligne politique de la C64 : ni la guerre, ni le maintien au pouvoir, mais le dialogue.
Dans cette interview, Moïse Katumbi a également dévoilé le programme complet de la tournée de la C64. Les consultations ont déjà commencé en Europe, avec Paris et Bruxelles pour des rencontres diplomatiques avec les partenaires européens. Les prochaines étapes annoncées sont Londres et les États-Unis, avant une tournée africaine dans plusieurs pays, dont l’Ouganda, le Kenya, l’Angola et le Togo. L’objectif de cette offensive diplomatique est de mobiliser davantage de partenaires internationaux autour de la proposition de la C64 en faveur d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo.
Le retour en RDC se fera ensuite en deux temps. Le premier temps sera Kinshasa, avec une rencontre prévue avec le président Félix Tshisekedi. Katumbi a précisé que lui-même et Matata Ponyo, actuellement en exil, ne prendront pas part à cette étape de Kinshasa, la délégation étant conduite par les autres membres de la coalition. Le deuxième temps sera Goma, avec une rencontre avec Joseph Kabila. Katumbi insiste sur un point essentiel : ces démarches se dérouleront publiquement, au vu et au su de tous, sans réunion secrète et sans accord dans le dos.








