Le directeur général de l’OMS alerte après l’attaque d’un centre de traitement Ebola à Beni et l’incendie de trois établissements de santé à Mabalako, au Nord-Kivu : la violence dans l’est de la RDC coûte des vies et compromet la réponse contre Ebola. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, sans paix, Ebola ne sera pas vaincu.
L’OMS ne parle plus seulement de virus. Il parle de paix. Après deux jours de violence qui ont frappé la riposte contre Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, l’institution spécialisée de l’ONU pour la santé publique a résumé la situation en une phrase : « le meilleur remède, c’est la paix. »
À Beni, on a voulu brûler un centre qui soigne Ebola. À Mabalako, trois centres de santé ont été incendiés et des patients ont perdu la vie. En deux jours, la violence a frappé là où elle fait le plus mal, dans les lieux qui soignent, qui isolent, qui protègent. Et la réponse contre Ebola s’est arrêtée.
« La violence dans l’est de la RDC coûte des vies et compromet la réponse Ebola. L’OMS est profondément préoccupé par l’attaque contre un centre de traitement Ebola le 6 novembre à Beni. La police a empêché une tentative d’incendie criminel. Dans la zone sanitaire de Mabalako, des attaques perpétrées par un groupe armé les 5 et 6 novembre ont coûté la vie à des patients lorsque trois établissements de santé ont été incendiés », a dénoncé Tedros Adhanom Ghebreyesus.
À la suite de ces attaques, la population a fui pour se mettre à l’abri, y compris les personnes suivies pour avoir été en contact avec des cas d’Ebola. « Les équipes d’intervention ont suspendu leurs activités prévues le 6 novembre en raison de l’insécurité », a-t-il ajouté.
L’OMS précise que « tout le personnel de l’OMS présent sur ces sites a été recensé ». Le personnel est sauf. La riposte, elle, est à l’arrêt.
Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, ce n’est pas un simple incident sécuritaire. C’est une menace sanitaire directe. « Le personnel de santé et humanitaire, les patients et les civils doivent être protégés en toutes circonstances », a-t-il insisté.
« La violence ne fait qu’accroître les chances de propagation du virus », a-t-il alerté. La situation est très préoccupante, car quand un contact fuit, on perd sa trace. Quand une équipe s’arrête, le virus avance. Et quand un centre brûle, un malade n’a plus où aller.
« Le peuple de la RDC a besoin de paix. Sans paix, nous ne pouvons ni arrêter Ebola ni assurer la sécurité sanitaire », a conclu Tedros Adhanom Ghebreyesus, avant de répéter ce qui est désormais le message central de l’OMS : « le meilleur remède, c’est la paix. »
Dans l’est de la RDC, Ebola n’a jamais circulé seul. Il circule avec les armes, les déplacements et la peur. Depuis des années, dans le Nord-Kivu et l’Ituri, chaque épidémie se joue sur le même terrain, celui de l’insécurité. Les équipes de riposte travaillent entre deux menaces, celle du virus et celle des groupes armés. Chaque attaque contre une structure de santé retarde la détection, l’isolement et la prise en charge. Chaque fuite rend le suivi des contacts plus difficile. C’est dans ce contexte que le mot de paix prend tout son sens. Ce n’est pas un slogan. C’est une condition pour soigner.







