La présidence congolaise a annoncé vendredi que Félix Tshisekedi a accepté le principe d’un cessez-le-feu, proposé par son homologue angolais, João Lourenço, dans un esprit de responsabilité, d’apaisement et de recherche d’une solution pacifique au conflit qui fait rage dans l’est de la RDC à la suite de l’offensive de l’armée rwandaise et des rebelles de l’AFC-M23.
L’Angola, qui a proposé l’entrée en vigueur du cessez-le-feu pour le 18 février, attendait la réponse des parties au conflit. Alors que Kinshasa a donné son accord, l’AFC-M23, de son côté, ne s’est pas encore prononcée. Pendant ce temps, la Monusco se prépare pour le suivi et la vérification de l’arrêt des hostilités.
« La République démocratique du Congo prend acte de l’initiative de son excellence monsieur João Manuel Gonçalves Lourenço, président de la République d’Angola, et salue les efforts constants de l’Angola en faveur d’un retour durable à la paix et à la stabilité dans la région des Grands Lacs », a annoncé le cabinet de Félix Tshisekedi.
Selon Kinshasa, ce cessez-le-feu s’inscrit dans le cadre du mécanisme de surveillance et de vérification signé le 14 octobre 2025 à Doha, dont l’objectif est d’assurer une cessation effective, contrôlée et durable des hostilités, à travers un dispositif structuré de suivi et de traitement des incidents.
« Il implique un gel strict et immédiat des positions, l’arrêt de tout renforcement militaire, la cessation de toute rotation ou approvisionnement offensif, l’interdiction de toute tentative de modification du statu quo sur le terrain, ainsi que la fin de tout appui extérieur aux groupes armés opérant sur le territoire national », a ajouté la même source, précisant que cela suppose également la protection effective des populations civiles et le respect du droit international humanitaire.
Toutefois, l’administration Tshisekedi prévient que toute consolidation unilatérale des positions militaires ou toute action visant à altérer l’équilibre sur le terrain pendant la période de cessez-le-feu compromettrait gravement la crédibilité du processus et en affaiblirait les perspectives.
Alors que l’AFC-M23 renforce davantage sa capacité opérationnelle, le gouvernement congolais a assuré qu’il demeure engagé en faveur d’un retour durable à la paix, dans le strict respect de sa souveraineté, de son intégrité territoriale et de la sécurité de ses citoyens.
Ce conflit est à la base d’une grave crise humanitaire. Il a été abordé vendredi à Addis-Abeba, en Ethiopie, en marge du sommet de l’Union africaine, lors du tête-à-tête entre le secrétaire général de l’ONU, António Guterres et le président burundais, Evariste Ndayishimiye, qui est le nouveau président en exercice de l’UA.





