« Menace existentielle », le Rwanda prend très au sérieux la situation dans l’est de la RDC en considérant la dimension militaire du conflit. Avec plus de 15 000 soldats déjà déployés sur le territoire congolais, Kigali vient de renforcer sa « reine des batailles », l’infanterie, qui a pour mission essentielle le combat de proximité, la conquête, la tenue et le contrôle durable du terrain.
Des combats se sont intensifiés dans l’est de la RDC. L’armée rwandaise et les rebelles du M23 poursuivent leur conquête territoriale. L’ONU a alerté jeudi sur le danger de cette offensive continue sur les civils. Continuant de pointer la présence des FDLR, un groupe armé issu des milices ayant perpétré le génocide rwandais en 1994, qu’il considère comme une menace permanente pour sa sécurité, le Rwanda a annoncé que la 507e brigade d’infanterie des Forces de défense rwandaises (RDF) a achevé avec succès une formation avancée de cinq mois au Centre d’entraînement au combat de Gabiro, dans la province de l’Est.
Selon Kigali, cette formation visait à perfectionner les connaissances, les compétences et les capacités opérationnelles du personnel d’infanterie, afin de lui permettre d’exécuter efficacement les tâches d’infanterie et de mener à bien les missions des RDF.
L’administration Kagame justifie son implication dans l’est de la RDC par une menace existentielle liée à la présence des FDLR, exigeant leur neutralisation en contrepartie du retrait de ses troupes (évaluées entre 6 000 et 18 000 soldats rwandais). Sur le plan défensif, le Rwanda a renforcé ses capacités aériennes et ses dispositifs aux frontières.
Le chef d’état-major des armées du Rwanda, le général MK Mubarakh, a insisté jeudi sur le fait que les soldats doivent s’efforcer en permanence d’obtenir les meilleurs résultats possibles avec les ressources limitées dont ils disposent, tout en atteignant les objectifs de la mission grâce à la discipline, l’innovation et l’utilisation efficiente des ressources disponibles.
Dans son discours, le général Mubarakh a rappelé aux diplômés les directives constamment prodiguées par le président Paul Kagame, qui a souligné que l’entraînement militaire prépare les soldats à endurer des conditions difficiles et à accomplir des tâches exigeantes nécessitant un niveau optimal de condition physique, de résilience mentale et de compétence professionnelle.
La rhétorique d’une « menace existentielle » est l’argument principal utilisé par Kigali pour justifier la présence de l’armée rwandaise (RDF) et son soutien à la rébellion du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. Cependant, de nombreux analystes et rapports internationaux estiment que cet argument sert de couverture à des intérêts stratégiques plus larges, notamment la volonté d’exercer un contrôle sur les territoires de l’est congolais (notamment comme zone tampon) et de tirer profit de l’exploitation illégale des ressources minières.
De son côté, Kinshasa rejette catégoriquement cette justification, qualifiant les actions rwandaises d’agression caractérisée et de guerre de pillage. Le gouvernement congolais accuse le Rwanda de violer la souveraineté nationale et d’aggraver la crise humanitaire dans la région, malgré les multiples processus de médiation et accords de paix signés entre les deux pays.







