Géant mondial de la production des minéraux critiques, la République démocratique du Congo veut devenir le pôle africain majeur de transformation de ces éléments indispensables à la transition énergétique, au numérique et à la défense. Cette ambition a été présentée mardi 14 juillet à l’ONU par la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba.
Lors de la réunion de haut niveau des Nations Unies consacrée aux minéraux critiques pour la transition énergétique, la cheffe de la diplomatie congolaise a appelé à des partenariats allant au-delà de la simple sécurisation de l’accès aux matières premières et favorisant la transformation locale et régionale, les infrastructures, le transfert de technologies, la recherche, le développement des compétences, l’industrialisation ainsi que l’accès aux financements et aux marchés.
La RDC joue un rôle central dans cette chaîne d’approvisionnement en tant que premier producteur mondial de cobalt, un métal fondamental pour la fabrication des batteries de véhicules électriques et des appareils électroniques.
Dans sa déclaration, Thérèse Kayikwamba a présenté l’ambition de son pays de devenir un pôle africain majeur de production responsable, de transformation industrielle et d’innovation autour des minéraux critiques. La réalisation de cette ambition nécessite notamment des investissements dans les infrastructures, l’énergie, la recherche, les compétences, les technologies et l’industrialisation.
Elle a relevé que, pendant trop longtemps, les pays producteurs avaient principalement été considérés comme des fournisseurs de matières premières, tandis que la transformation industrielle, les technologies et l’essentiel de la valeur ajoutée demeuraient concentrés ailleurs. Pour la RDC, la question fondamentale n’est donc plus uniquement de déterminer la provenance des minéraux critiques, mais également de savoir où demeure la valeur qu’ils génèrent.
Dans la foulée, elle a plaidé pour la formalisation et la modernisation de l’exploitation minière artisanale, afin de permettre aux travailleurs et aux communautés locales de devenir des acteurs à part entière des chaînes de valeur auxquelles ils contribuent.
Minéraux et conflits
Évoquant les liens entre les ressources naturelles, les conflits et la sécurité internationale, Thérèse Kayikwamba Wagner a averti que la transition énergétique mondiale ne devait pas devenir une nouvelle transition extractive, remplaçant une forme de dépendance par une autre.
Elle a rappelé que l’exploitation illicite des ressources naturelles peut affaiblir l’autorité de l’État, éroder la souveraineté nationale, financer les groupes armés et accompagner des violations de l’intégrité territoriale. À cet égard, elle a évoqué la situation de Rubaya, dont les mines représenteraient environ 15 % de la demande mondiale de tantale.
Se référant aux conclusions du Groupe d’experts des Nations Unies, elle a indiqué qu’au moins 1 400 tonnes de coltan auraient été introduites clandestinement au Rwanda durant la première année ayant suivi la prise de contrôle de ces mines par le M23 soutenu par le Rwanda, générant environ 800 000 dollars américains par mois au profit du groupe armé.
Dans ce contexte, la RDC a plaidé pour un cadre international plus cohérent reliant la gouvernance des ressources naturelles à la prévention des conflits, à la paix et à la sécurité internationales ainsi qu’à la prospérité partagée.





