« La question des FDLR ne peut être résolue par la force militaire », estime le Conseil national pour la démocratie au Rwanda (CNDR) qui, s’opposant la position de l’administration Kagame sur ce dossier, salue la signature du protocole d’accord négocié par le gouvernement congolais, visant le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Pour la plateforme politique d’opposition rwandaise, ce protocole constitue une avancée significative dans la recherche d’une paix durable dans la région des Grands Lacs et une étape importante dans la mise en œuvre de l’accord de paix conclu à Washington entre le Rwanda et la RDC.
Alors que Kigali exige une approche militaire contre les FDLR, qu’il considère comme une menace existentielle, le CNDR se dit convaincu que le choix d’une neutralisation pacifique, fondée sur la sensibilisation, le dialogue, le désarmement volontaire, la démobilisation et la réintégration, constitue une approche responsable, efficace et conforme aux principes du droit international. Aussi, a-t-il souligné, cette voie permet d’atteindre les objectifs de sécurité sans entraîner de nouvelles pertes en vies humaines ni de nouvelles destructions.
« Depuis sa création, le CNDR soutient que la question des FDLR ne peut être résolue par la force militaire. Les opérations militaires successives n’ont apporté ni la sécurité ni la stabilité promises. Elles ont, en revanche, provoqué des souffrances considérables pour les populations civiles, des déplacements massifs et de graves violations des droits humains », a déclaré ce regroupement qui œuvre pour la paix durable et la stabilité régionale.
« La RDC a fait sa part »
Selon le CNDR, l’initiative de la RDC démontre la volonté de l’administration Tshisekedi de respecter les engagements qu’elle a pris dans le cadre de l’accord de paix de Washington.
« Elle a fait sa part et pose un acte concret en faveur de la paix régionale », tranche-t-il, estimant qu’il appartient désormais au gouvernement du Rwanda de respecter, à son tour, les engagements qu’il a librement acceptés.
« Il ne saurait y avoir de paix durable si les accords signés par les autorités du Rwanda sont piétinés impunément », a-t-il averti, appelant au retrait immédiat, complet, sans condition et sans délai des Forces de défense rwandaises (RDF) du territoire de la République démocratique du Congo, car « le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC constitue un principe fondamental du droit international et une condition indispensable à l’instauration d’une paix durable ».
Étant donné que la région des Grands Lacs a trop souffert des conflits mortifères portés par des interventions militaires, le CNDR pense que le moment est venu de privilégier le dialogue, le respect du droit international et la coopération entre les États afin d’offrir aux populations de la région un avenir fondé sur la paix, la justice et le développement.
La République démocratique du Congo (RDC) a annoncé fin juillet 2026 la signature d’un protocole de démilitarisation, de désarmement, de démobilisation et de cantonnement avec les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Cette démarche vise à appliquer le Concept des opérations (CONOPS) lié à l’accord de paix de Washington pour exiger le retrait sans condition des troupes rwandaises du sol congolais. De son côté, Kigali a immédiatement qualifié cette signature de « non-événement », estimant qu’il ne s’agit pas d’une avancée significative.








