Jean-Pierre Bemba n’y est pas allé de main morte. L’ancien vice-président de la RDC a tempêté contre Joseph Kabila qu’il traite « d’imposteur et d’usurpateur » au lendemain de son discours qui a présenté la RDC dans l’abîme sous la gestion de Félix Tshisekedi. Campant fermement sur ses convictions, Bemba réaffirme que Kabila est une marionnette de Kagame, président rwandais.
Au sujet de Kabila, Bemba parle de façon directe, franche et sans ménagements. Comme dans ses habitudes, il ne lui reconnaît pas la nationalité congolaise. « Hippolyte Kanambe Kazemberembe, alias Joseph Kabila, votre allocution ne trompe personne », a-t-il lâché, martelant que la République démocratique du Congo n’a besoin ni d’un émissaire de Kigali, ni d’une marionnette aux ordres d’intérêts étrangers.
Alors que l’ancien chef de l’Etat a dressé un bilan largement négatif du régime Tshisekedi, le leader du MLC lui a rappelé ses 18 ans de pouvoir « illégitime », marqués par la « terreur, les massacres, le pillage de nos richesses et l’impunité ».
Selon Bemba, c’est Joseph Kabila qui est responsable de cette crise. « Vous avez certes quitté le pouvoir, mais vous avez pris soin de laisser des agents de Kigali dans les plus hautes sphères de l’État, contribuant à freiner l’émancipation de la République démocratique du Congo et à maintenir notre pays sous influence étrangère », a-t-il asséné.
Face à l’insécurité grandissante et à la guerre dans l’est du pays, Kabila a estimé que les dirigeants actuels n’ont « ni la volonté ni les moyens de gagner ». Il leur a reproché d’écarter systématiquement toutes les initiatives de paix régionales et ecclésiastiques (UA, EAC, CENCO, ECC), préférant la « soumission » au dialogue.
L’argument mobilisé par le leader du PPRD ne passe pas. Bemba lui a fait remarquer que, durant tout son mandat, il n’a jamais condamné les agresseurs de la RDC. Bien au contraire, Kabila « a sciemment consenti et participé à ce chaos en soutenant et finançant le M23 et l’AFDL pour troubler notre paix, tout en maintenant le pays sous embargo militaire afin de mieux nous étouffer et nous assujettir ».
Dans son discours prononcé vendredi, Joseph Kabila a accusé le régime Tshisekedi d’avoir institutionnalisé le tribalisme, le népotisme, ainsi que la stigmatisation et la discrimination de certaines minorités, faisant voler en éclats la cohésion nationale.
Ces accusations ont été catégoriquement rejetées. D’après Bemba, c’est Kabila qui, durant son règne, a fragilisé l’unité nationale, en divisant les Congolais par les méthodes importées du Rwanda.
« Le Congo, avec ses plus de 400 tribus et sa diversité culturelle exceptionnelle, a longtemps été une terre de cohabitation, d’échanges et de brassage entre ses populations. Malgré nos différences de langues, de coutumes et de traditions, les Congolais ont toujours su vivre ensemble et partager une identité nationale commune : notre diversité est une richesse. Pourtant, vous avez sciemment instillé le venin du tribalisme et importé des conflits venus d’ailleurs pour diviser les Congolais et fragiliser notre unité : le Congo et ses 2 345 409 km² appartiennent à tous ses enfants », a-t-il souligné.
L’ancien président congolais Joseph Kabila essuie de vives critiques à la suite de sa déclaration choc du 9 octobre 2026 dans laquelle il a affirmé que « le Congo est en péril ». Plusieurs personnalités ont réagi, notamment le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya et le ministre des Finances, Doudou Fwamba.









