À la suite de son sévère réquisitoire contre la gouvernance de Félix Tshisekedi, l’ex-président Joseph Kabila, accusé d’avoir posé les bases des fragilités structurelles et sécuritaires dont souffre aujourd’hui la RDC, a été ciblé de plein fouet par les caciques du pouvoir de Kinshasa.
Le moment est sensible : le pays partiellement occupée par l’armée rwandaise. Mais le sénateur à vie semble avoir tendu le bâton pour se faire battre. Kinshasa lui reproche de jeter de l’huile sur le feu, tout en prétendant ensuite vouloir l’apaiser.
Sans circonspection, le porte-parole du gouvernement congolais charge Kabila de cravacher pour maintenir la RDC sous le joug du Rwanda, afin de priver les Congolais des bénéfices de leurs minéraux critiques indispensables aux industries technologiques mondiales.
« Un homme du passé, nostalgique des méthodes antidémocratiques, fils-aîné du père ( Rwanda ), complice du frère ( M23/AFC ) et auteur connu des crimes, condamné et sous sanctions américaines. Il n’a rien d’autre à offrir que le chaos », a tonné Patrick Muyaya.
Dans son discours prononcé vendredi, Joseph Kabila a dénoncé le retour d’une « dictature » et d’une « tyrannie », comparant la gouvernance de Félix Tshisekedi à celle d’« Ivan le Terrible », premier tsar, qui a régné sur la Russie dans la seconde moitié du XVIe siècle. Il a accusé le pouvoir d’avoir mené la République démocratique du Congo (RDC) à une crise politique, sécuritaire et économique majeure, et de poursuivre une guerre dans l’est sans perspective de victoire.
Ces accusations ont été rejetées par Kinshasa. « Avec le peuple Congolais, les hommes et les femmes épris de paix, nous restons fermement engagés à travers le processus du dialogue amorcé par le président de la République pour restaurer la paix et l’intégrité territoriale », a souligné le porte-parole de l’exécutif.
Fwamba rétablit sa vérité
Voulant jouer encore un role de premier plan en RDC, Joseph Kabila a opposé sa gestion passée qu’il présente comme ayant laissé un pays réunifié et pacifié en 2019 à la situation actuelle qu’il juge catastrophique.
Pour le ministre des Finances, entre ces deux périodes de gouvernance, aucune comparaison n’est possible. « C’est la nuit et le jour », a répliqué Doudou Fwamba, rappelant qu’en 2019, Kabila a laissé un pays avec un PIB nominal d’environ 50 milliards USD, au terme de ses 18 ans de gestion ; 1,3 milliard USD des reserves de change à la BCC ; un budget de 4 milliards USD ; un déficit du compte courant de la balance commerciale de (-3,2%) du PIB ; aucun accès aux marchés des capitaux internationaux et aucun programme avec le Fonds monétaire international suite à la mauvaise gouvernance et l’absence de transparence.
Mais en 2026, sous la gouvernance de Félix Tshisekedi, a vanté l’argentier national, le pays a un PIB nominal de 120 milliards USD ; 8 milliards USD des reserves de changes ; un budget de 18 milliards USD ; un deficit du compte courant reduit à (-1,3%) du PIB en 2024 ; un accès aux marchés financiers internationaux et trois programmes formels avec le Fonds monétaire international.
« Comparer la RDC de 2019 à de 2026, est la preuve d’une mauvaise foi criante », a-t-il tranché, affirmant que la RDC d’aujourd’hui est un pays en pleine transformation économique et sociale, avec une économie robuste, résiliente et engagée vers sa diversification.
Lihau enfonce le clou
Le ministre de la Fonction publique, quant à lui, est monté au créneau pour tenter d’achever son ancienne autorité morale qu’il accuse de se dévoiler, en pleine agression contre la nation, comme un agent de l’ennemi et un « collabo ».
« Après 18 ans de règne, de fourberie et d’infiltration, il prétend vouloir réitérer ses exploits de 1997 avec les mêmes alliés libérateurs d’hier, les Rwandais… Si le ridicule pouvait tuer ! Les Congolais eux n’ont rien oublié. En 1997, ils savent que ce sont justement les Rwandais qui avaient renversé J.D Mobutu en plaçant l’un de leurs à la tête de l’armée congolaise. En 2001, c’est encore eux qui ont, indiscutablement, fait assassiner LD KABILA, après avoir massacré des millions de Congolais ! Lorsque Félix Tshisekedi prend le pouvoir, il hérite d’un pays infiltré, déstructuré et rongé de l’intérieur avec déjà le M23 existant, plus de 150 groupes armés actifs et une situation socio-économique exsangue et catastrophique », a asséné Jean-Pierre Lihau, assurant que la RDC se relèvera de ces épreuves et la justice rattrapera ses ennemis désormais connus.
Une chose est sûre : Kabila refuse de jouer un rôle passif. L’ancien président pense avoir une solution efficace face à la crise complexe que traverse la RDC. Il est déjà convaincu que Félix Tshisekedi n’y arrivera pas. Son discours révèle, entre les lignes, qu’il est prêt à passer à l’action pour « sauver le pays » qui, selon lui, « est en péril ».









