Montée des tensions entre le pouvoir et l’opposition. Le gouvernement restreint les libertés face à une opposition qui radicalise ses actions. Le porte-parole du regroupement politique Lamuka, Prince Epenge, a été interpelé dimanche à l’aéroport international de Ndjili à Kinshasa alors qu’il s’apprêtait, aux côtés de ses alliés Martin Fayulu et Jean-Baptiste Kasekwa, à s’envoler pour Rome, afin de participer à la réunion de la Coalition C64 sur la situation politique et sécuritaire en République démocratique du Congo (RDC). Sa famille politique, qui dénonce un « enlèvement », exige sa libération immédiate et sans condition.
En RDC, la situation politique se crispe davantage. La Direction générale de migration (DGM) a retenu les passeports de Martin Fayulu, Jean-Baptiste Kasekwa et Prince Epenge. Si les deux premiers ont récupéré leurs documents, celui de Prince Epenge a été gardé, l’empêchant de voyager.
Dans un communiqué, Lamuka a indiqué que son cadre a été emmené par des individus non identifiés vers une destination inconnue. « À ce stade, ni son lieu de détention ni les motifs de son interpellation n’ont été officiellement communiqués à ses proches. Lamuka exprime sa vive inquiétude pour sa sécurité et son intégrité physique », a dénoncé Jean-Félix Nsenga, vice-président de ce regroupement.
Cette interpellation s’inscrit dans une série de frictions récurrentes entre le pouvoir de Kinshasa et les figures de l’opposition concernant la liberté de mouvement, le droit de manifester et les dossiers judiciaires en cours.
Rappelant aux autorités que la liberté de circulation, la sûreté individuelle et le respect des procédures judiciaires sont des droits garantis par les articles 17, 18 et 30 de la Constitution, Lamuka a exigé« la confirmation immédiate de son lieu de détention, sa libération sans condition et la restitution de son passeport ».
Pour la plateforme dirigée par Martin Fayulu, qui prend à témoin l’opinion nationale et internationale, les organisations de défense des droits humains ainsi que les représentations diplomatiques accréditées en RDC, « aucune divergence politique ne saurait justifier qu’un citoyen soit privé de ses libertés en dehors des garanties prévues par la loi ».
Cette situation traduit un durcissement des tensions politiques en République démocratique du Congo à l’approche d’une rencontre de l’opposition à Rome, en Italie. Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et Matata Ponyo devraient harmoniser les positions de l’opposition face aux évolutions politiques du pays, notamment le débat sur la Constitution et la création du Front pour la refondation de la nation (FRN) par l’ancien président Joseph Kabila.







