Face à l’escalade continue des violences en RDC, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) tire une fois de plus la sonnette d’alarme sur la situation critique des civils dans les provinces orientales de la République démocratique du Congo, en Ituri, au Sud-Kivu et au Nord-Kivu.
Entre massacres, kidnappings de masse et paralysie des services essentiels, l’organisation dénonce un bilan humain insoutenable. Un appel de plus lancé alors que sur le terrain rien ne change.
Si la libération récente de près de 50 civils dans le territoire de Mambasa en Ituri après trois mois de captivité a apporté un bref soulagement, la réalité du terrain reste sanglante. Selon l’ONU, pour le seul mois d’octobre, les groupes armés ont massacré au moins 24 civils et en ont enlevé 43 autres dans la province.
Plus au sud, les combats qui font rage dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu étouffent l’avenir de la jeunesse. 26 écoles primaires ont été contraintes de fermer, privant brutalement près de 6 000 enfants d’accès à l’éducation. Ce ne sont pas que des chiffres, ce sont des enfants qui ne vont plus apprendre parce que les armes ont parlé plus fort que les livres.
Nord-Kivu : guerre et Ebola, 10 500 cas et 5 100 décès
Au Nord-Kivu, les affrontements dans les territoires de Masisi et de Lubero provoquent de nouveaux déplacements massifs de populations et bloquent l’aide humanitaire. D’après OCHA, cette insécurité chronique frappe de plein fouet la réponse sanitaire alors que la province concentre à elle seule 60% des nouveaux cas d’Ebola enregistrés dans le pays.
Au 1er novembre, le bilan national s’élevait à plus de 10 500 cas confirmés d’Ebola et plus de 5 100 décès. La guerre et Ebola se nourrissent l’une de l’autre. La guerre empêche de soigner et la maladie tue ceux qui ont déjà fui la guerre.
Pour tenter de briser ce blocus humanitaire, une mission inter-agences coordonnée par OCHA s’est rendue d’urgence à Beni au Nord-Kivu afin de négocier l’accès aux populations, renforcer la confiance des communautés et appuyer la riposte contre l’épidémie.
L’appel de l’ONU pour protéger les civils en RDC
Devant cette détresse absolue, l’ONU exhorte une fois de plus fermement toutes les parties au conflit à respecter le droit international. Le message du secrétariat général est clair : la protection des civils doit être assurée et un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave doit être garanti immédiatement.
Les armes ne peuvent plus faire obstacle au sauvetage des vies humaines. C’est un appel répété depuis des mois et c’est là que le drame continue. Ituri compte ses morts, Sud-Kivu ferme ses écoles, Nord-Kivu fuit et enterre ses morts d’Ebola.







