Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est penché mercredi sur la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs. Au cours de ce briefing, le Rwanda a sollicité le déploiement d’une force d’interposition dans l’est de la RDC. Ce dispositif militaire neutre temporaire aura pour mission, selon Kigali, de séparer les belligérants (prévenir la reprise des hostilités) pendant que les négociateurs recherchent une solution politique durable.
Dans l’est de la RDC, l’armée rwandaise et l’AFC-M23 ont étendu leur zone de contrôle. La coalition occupe des villes stratégiques dont Goma et Bukavu, ainsi que des zones riches en minéraux critiques comme Rubaya. Dans le contexte de la reprise du processus de Doha, Kigali se dit favorable à création d’une zone tampon pour faciliter les négociations politiques et superviser le cessez-le-feu.
« Nous saluons les efforts déployés, notamment les accords et processus de cessez-le-feu à Washington et à Doha. Le Rwanda continue également de soutenir des mesures intérimaires concrètes, y compris la demande d’une force tampon ou d’interposition, afin de stabiliser la situation pendant que les processus politiques progressent », a déclaré Robert Kayinamura, représentant permanent adjoint du Rwanda à l’ONU.
« Il n’existe pas de solution militaire à cette crise », a affirmé le diplomate rwandais, estimant que « seul » un véritable retour aux principes de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, permettra d’instaurer une paix durable dans la région.
13 ans après la signature de cet accord, le Rwanda a assuré que sa position est restée claire et constante, conforme à l’objectif principal du cadre : s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité pour parvenir à une paix durable.
« La présence et la tolérance des FDLR en RDC constituent une préoccupation majeure pour la sécurité du Rwanda et une menace existentielle permanente. Cela s’est produit avant et après la signature de l’Accord-cadre (d’Addis-Abeba). Ce groupe représente une menace directe pour le Rwanda et la stabilité régionale. Sa présence persistante contrevient aux engagements pris dans le cadre de l’Accord-cadre », a-t-il ajouté, estimant qu’il ne saurait y avoir de voie crédible vers la paix sans la neutralisation effective et irréversible des FDLR.
« Comment expliquer que treize ans après l’établissement du Cadre, les causes profondes, notamment la neutralisation des FDLR, demeurent irrésolues ? » s’est interrogé Robert Kayinamura, concluant qu’il est désormais indispensable de mettre pleinement en œuvre les engagements, de manière cohérente et de bonne foi, et d’harmoniser le cadre avec d’autres mécanismes afin d’éviter toute fragmentation.





