Félix Tshisekedi éveille le courroux de l’administration Kagame. De l’avis de Kigali, le président congolais aggrave inutilement les tensions régionales. Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement rwandais l’accuse de privilégier les menaces, bloquant toute possibilité de dialogue constructif, de désescalade et de résolution pacifique du conflit qui sévit depuis plus de trois décennies dans l’est de la RDC.
Prenant la parole mercredi devant la diaspora congolaise à Houston, au Texas (États-Unis), après le nul historique arraché par les Léopards face à la Seleçao portugaise, en coupe du monde, Félix Tshisekedi s’en est pris au Rwanda et à son prédécesseur Joseph Kabila qu’il a qualifié de « chien », promettant de reconquérir les zones occupées par l’armée rwandaise et les rebelles du M23 au Nord-Kivu et Sud-Kivu.
Dans sa réaction, Kigali a estimé que le chef de l’Etat congolais a « choisi de gâcher » le moment de joie intense offert à l’Afrique par Yoane Wissa et ses coéquipiers, « en insultant les Rwandais et les Congolais et, depuis le sol américain, déclarant sa poursuite des offensives militaires dans l’est de la RDC ».
Outré, le gouvernement rwandais accuse le président Tshisekedi de violer intentionnellement les accords de Washington qui, dans le volet sécuritaire et paix, prévoient le désengagement des forces en présence.
« Félix Tshisekedi n’a pas seulement instrumentalisé un exploit sportif glorieux à des fins politiques mesquines ; sa rhétorique belliqueuse démontre également un mépris de la lettre et de l’esprit des accords de Washington », a tonné Yolande Makolo.
La déclaration du président congolais a provoqué également l’ire du M23, qui a condamné « des propos bellicistes et va-t-en-guerre qui mettent un terme au processus de paix ».
Les tensions entre Kinshasa et la coalition RDF-M23 sont vives en dépit d’accords de paix signés. Sur le terrain, les affrontements se poursuivent avec intensité. L’armée congolaise a annoncé avoir repris le contrôle de Minembwe-Centre et de plusieurs localités environnantes dans le Sud-Kivu, le 17 juin 2026, après de violents combats.










