L’est de la République démocratique du Congo (RDC) est toujours à feu et à sang malgré les processus de paix de Washington et de Doha. Les massacres et les combats à l’arme lourde se poursuivent en violation du droit international. Pour le président rwandais Paul Kagame qui, pour le moment, n’entend pas retirer ses troupes du sol congolais, il est nécessaire de s’attaquer aux causes profondes de ce conflit pour trouver une solution durable.
Le chef de l’Etat rwandais a réaffirmé cette position mercredi lors d’un entretien qu’il a eu à Kigali avec James Swan, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la Monusco, et Huang Xia, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs.
« Leurs discussions ont porté sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes du conflit dans l’est de la RDC et à son impact sur la sécurité du Rwanda », a rapporté la présidence rwandaise.
Pour Paul Kagame, les causes profondes du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) résident principalement dans la présence persistante des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qu’il qualifie de menace existentielle pour son pays.
Le 28 juillet, le gouvernement congolais a signé un protocole avec les FDLR, un groupe armé hutu actif dans l’est de la RDC et impliqué dans le génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda. Kinshasa a indiqué que ce protocole porte sur le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des combattants des FDLR et qu’il est conforme aux Accords de Washington de décembre 2025, signés entre la RDC et le Rwanda sous l’égide des États-Unis. À cet égard, les autorités congolaises ont estimé que ce protocole représente un progrès vers la réalisation des engagements de la RDC, fondés sur le concept d’opérations (CONOP) annexé aux Accords, qui prévoit la neutralisation des FDLR et le désengagement des forces rwandaises dans l’est de la RDC.
Cependant, le Rwanda a qualifié cette initiative de manœuvre dilatoire, arguant que les accords prévoient la neutralisation des FDLR plutôt que des négociations avec le groupe. Kigali a également accusé le gouvernement congolais d’intensifier son soutien aux FDLR et d’intégrer leurs membres aux FARDC.
Le président Kagame a régulièrement pointé également du doigt les défaillances de l’État congolais dans sa gestion interne et les discours de haine ciblant les populations rwandophones ou tutsies dans la région.
En dépit de la complexité de la crise, les efforts diplomatiques se multiplient pour tenter de trouver une solution pacifique. Du 12 au 13 août, la sixième réunion du Mécanisme conjoint de coordination en matière de sécurité, l’une des structures mises en place dans le cadre des Accords de Washington, s’est tenue à Genève. Y ont participé des représentants de la RDC et du Rwanda, ainsi que des États-Unis, du Qatar, du Togo (en sa qualité de médiateur de l’UA) et de la Commission de l’UA. Selon une déclaration conjointe publiée à l’issue de la réunion, les parties se sont engagées à renforcer le suivi et la vérification de la mise en œuvre de l’accord sur le terrain. Elles ont également convenu de convoquer une conférence de planification trilatérale avec les États-Unis en octobre afin de finaliser un document encadrant leurs efforts coordonnés en la matière.







