Depuis Moscou, Félix Tshisekedi a rouvert les archives de l’ancienne coalition FCC-CACH pour égratigner l’opposant Moïse Katumbi. Devant la diaspora congolaise, il a affirmé avoir personnellement intercédé auprès de Joseph Kabila pour acter le retour au pays du président du parti Ensemble pour la République.
La rivalité entre le président Tshisekedi et l’opposant Katumbi s’est fortement accentuée, sur fond de désaccords institutionnels, de tensions électorales et de projets de révision de la Constitution.
Face à la communauté congolaise de Russie, le chef de l’Etat a vivement pris à partie Moïse Katumbi, l’accusant notamment sur la gestion et le pillage des mines du Katanga, tandis que le camp Katumbi accuse en retour le pouvoir d’arrogance, de fraudes électorales, d’instrumentalisation de la justice et de répression des opposants.
En marge du sommet Russie-Afrique, Tshisekedi a révélé les dessous de l’exil de l’opposant. « Je lui (Joseph Kabila : NDLR) avais dit que je ne souhaitais pas qu’il reste toujours en exil. Mon souhait était qu’il rentre au pays et que je lui remette son passeport. Mais mon prédécesseur était contre », a-t-il dit.
Le président de la République a également rapporté des propos que lui aurait tenus Joseph Kabila à l’époque concernant les finances de l’ancien gouverneur du Katanga, insinuant que ce dernier n’avait pas les moyens de régler ses dettes en Zambie avant de s’enrichir à la tête de la province.
« Ce sont eux qui sont allés chercher un avocat des Rwandais pour s’attaquer à ma famille pour dire que c’est nous qui volons l’argent des minerais du Katanga, alors que ceux qui ont pillé les minerais du Katanga sont devenus aujourd’hui des milliardaires », a martelé le chef de l’État.
Cette sortie médiatique virulente, survenue le 30 octobre 2026 à Moscou, confirme la rupture définitive et irréversible entre Félix Tshisekedi et les figures majeures de l’opposition congolaise. Félix Tshisekedi affiche une posture de fermeté absolue à l’heure où les débats autour de l’évolution politique et constitutionnelle du pays cristallisent toutes les attentions à Kinshasa.
De son côté, Katumbi dénonce vigoureusement l’idée d’un changement ou d’une réforme de la Constitution voulue par le pouvoir, qualifiant cette démarche de « coup d’État constitutionnel » destiné à instaurer un pouvoir à vie ou un régime autoritaire.
L’ancien gouverneur de l’ex-Katanga s’est rapproché d’autres figures de l’opposition dont Martin Fayulu, Delly Sesanga, Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund au sein de la Coalition C64, qui multiplient les concertations et exigent un dialogue national inclusif face à la gouvernance de Tshisekedi.










