Le secrétaire général de l’ONU a appelé, lundi 14 juillet, à reconnaître les liens profonds entre sous-développement et conflits. Evoquant la crise sécuritaire notamment dans l’est de la RDC, où selon des experts onusiens, l’armée rwandaise a joué un rôle déterminant dans la conquête et l’occupation de nouveaux territoires et villes, Antonio Guterres a affirmé qu’une « paix durable passe par un développement durable ».
A l’occasion de la publication du rapport sur les Objectifs de développement durable 2025, le chef de l’ONU a souligné l’interdépendance entre la paix et le développement durable. Selon lui, les situations de conflit et de violence empêchent le développement social et économique.
« Nous devons mettre fin à l’horreur et aux effusions de sang au Soudan. De la RDC à la Somalie, du Sahel au Myanmar, nous savons qu’une paix durable passe par un développement durable. Face à ces défis, le rapport que nous publions aujourd’hui montre la voie à suivre », a-t-il déclaré lundi devant la presse, précisant que des voies de transformation dans les domaines de l’alimentation, de l’énergie, de l’accès au numérique, de l’éducation, de l’emploi et du climat, constituent une feuille de route.
Le rapport sur les ODD met en lumière une dure réalité : un contexte mondial difficile freine les progrès. Les conflits s’intensifient, les températures atteignent des records et le fardeau de la dette s’alourdit, tandis que les pays en développement sont confrontés à un déficit de financement annuel de 4 000 milliards de dollars américains pour la réalisation des Objectifs de développement durable.
Selon l’ONU, le monde n’avance pas assez vite pour atteindre les ODD, malgré les crises qui se chevauchent.
« Plus de 800 millions de personnes restent piégées dans l’extrême pauvreté. Des milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène. Les femmes continuent de consacrer 2,5 fois plus d’heures aux travaux domestiques et aux soins non rémunérés que les hommes. Le changement climatique s’accélère, 2024 étant l’année la plus chaude jamais enregistrée, avec 1,55 °C de plus que les niveaux préindustriels. Les pays à revenu faible et intermédiaire ont été confrontés à des coûts de service de la dette record de 1,4 billion de dollars américains en 2023 », peut-on lire dans le rapport publié hier.
Malgré ces défis monumentaux, l’ONU a estimé que la voie à suivre est claire et les progrès sont possibles si les Etats développent des solutions à plus grande échelle et capitalisent sur les acquis durement acquis.
Dans ce contexte, Antonio Guterres a appelé à promouvoir des soins de santé abordables et de qualité pour tous. Investir dans les femmes et les filles est un moteur essentiel du progrès. Mettre l’accent sur une éducation de qualité et créer des emplois décents et des opportunités économiques qui ne laissent personne de côté. Combler la fracture numérique et garantir que des technologies comme l’intelligence artificielle soient utilisées de manière responsable et inclusive.






