Préoccupée par la recrudescence des affrontements armés dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, l’ONU a appelé, vendredi 8 août, toutes les parties à respecter le droit international humanitaire, qui vise à limiter les cibles et les formes de la violence armée et garantir des secours aux populations victimes du conflit.
Au Nord-Kivu, province occupée partiellement par les rebelles du M23 et l’armée rwandaise, depuis le 13 juillet, environ 44 000 personnes ont fui les combats dans le territoire de Masisi. « Au moins huit civils auraient été tués pendant les hostilités », a dénoncé le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).
Dans la partie nord-est du pays (Ituri), en seulement un mois, entre le 6 juillet et le 6 août, au moins 70 civils ont été tués dans des attaques et des affrontements impliquant les terroristes ougandais des ADF, ainsi que d’autres groupes armés. selon les autorités locales, plus de 30 000 personnes ont dû fuir leurs foyers.
« De nombreux partenaires humanitaires ont suspendu leurs opérations en raison de l’insécurité persistante, affectant plus de 250 000 personnes », a indiqué Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, précisant que l’agence onusienne coordonne ses efforts avec ses partenaires pour maintenir une présence humanitaire minimale dans les zones accessibles.
Pendant ce temps, dans la province du Sud-Kivu, les violences dans les territoires d’Uvira, Walungu et Kalehe continuent de provoquer de nouveaux déplacements.
« Le 1er août, au moins 35 femmes et filles ont été enlevées et violées par des groupes armés dans trois villages du territoire d’Uvira », a-t-il condamné.
Cette récente flambée de violence intervient dans un contexte d’insécurité alimentaire généralisée. L’ONU parle également d’un accès limité aux soins de santé, des abris inadéquats et d’un manque de services de base affectant à la fois les communautés déplacées et les communautés d’accueil.
Face à cette situation, l’ONU a appelé toutes les parties à respecter le droit international humanitaire. « Les civils ne sont pas une cible, comme nous le disons à plusieurs reprises d’ici, et toutes les mesures doivent être prises pour les protéger pendant les conflits », a affirmé Stéphane Dujarric, rappelant que les humanitaires ont besoin d’un accès sans entrave et sûr aux milliers de personnes dans le besoin.






