La RDC est confrontée à l’une des plus grandes crises de déplacement au monde, avec 5,7 millions de personnes déplacées internes. A la veille du Forum de Paris pour la paix dans la région des Grands Lacs, le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) a souligné mardi 28 octobre l’urgence d’un accès humanitaire sans entrave et d’un financement adéquat pour intensifier le soutien aux victimes du conflit qui oppose l’armée congolaise au mouvement rebelle M23 soutenu par l’armée rwandaise.
La conférence, co-présidée par la France et le Togo, est, selon le NRC, une occasion cruciale pour les États de promouvoir un accès sûr et sans entrave par route et par air, et de réduire les obstacles administratifs, afin que l’aide puisse atteindre ceux qui en ont le plus besoin.
Aussi, a souligné l’organisation humanitaire indépendante, les États doivent s’engager à accroître et à pérenniser le financement. Le NRC est catégorique : le Forum de Paris doit aller au-delà des paroles. Il doit apporter de l’espoir, et des engagements concrets, aux millions de Congolais qui ont enduré des décennies de conflit et de négligence.
« Nous avons besoin de deux choses de toute urgence pour soutenir les personnes les plus vulnérables en RD Congo : un accès sans entrave et un financement adéquat qui soutienne à la fois les secours immédiats et le relèvement à long terme », a déclaré Eric Batonon, directeur pays du NRC pour la RDC.
L’action humanitaire en RDC connait un déficit financier. En octobre, seulement 400 millions de dollars américains avaient été reçus pour l’aide humanitaire en 2025, soit 16 % de ce que l’ONU et ses partenaires avaient demandé au début de l’année (2,5 milliards $).
« Le financement humanitaire actuel pour la RDC équivaut à environ cinq centimes par personne dans le besoin et par jour. C’est une illustration flagrante de l’indifférence de la communauté internationale face à cette crise majeure », a dénoncé Éric Batonon, estimant qu’il est temps de renverser la situation.
Depuis neuf années consécutives, la RDC figure sur la liste annuelle du NRC des crises de déplacement les plus négligées au monde. Alors que les négociations de paix piétinent, sur le terrain, les combats se poursuivent sur plusieurs fronts. Au Nord-Kivu et Sud-Kivu, les affrontements entre les FARDC et la coalition M23-RDF ont déraciné des communautés entières et détruit des infrastructures essentielles. Plus de 3 000 écoles ont été fermées à la fin du mois d’août 2025, laissant 1,3 million d’enfants non scolarisés. En Ituri, la situation reste aussi catastrophique.





