Devant les parlementaires réunis en congrès, le président congolais Félix Tshisekedi a accusé lundi le Rwanda de « violer » les accords pour la paix et la prospérité signés le 4 décembre à Washington, en bombardant, à partir de la ville rwandaise de Bugarama, les localités congolaises situées sur l’axe Kamanyola-Uvira dans la province du Sud-Kivu.
Les accords de Washington instaurent un cessez-le-feu permanent. Quelques heures seulement après leur signature, les combats se sont intensifiés sur le terrain. La coalition M23-RDF a conquis plusieurs localités. Pour Félix Tshisekedi, il s’agit d’une violation flagrante de ces accords qui, a-t-il souligné,« entérinent le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, le démantèlement des groupes armés étrangers, notamment les FDLR… ».
Alors que le Rwanda parle un conflit congolo-congolais, Tshisekedi dans une démarche visant à déconstruire les mensonges de l’administration Kagame a affirmé que la situation qui prévaut dans l’est de la RDC « n’est pas un conflit communautaire, ni une rébellion, mais une guerre par procuration visant à contester notre souveraineté sur un espace hautement stratégique, riche en ressources minières ».
Par ailleurs, il a insisté que la mise en œuvre du cadre d’intégration régionale est conditionnée au rétablissement total de la sécurité et la souveraineté de la République démocratique du Congo.
Les accords de Washington et de Doha« ne consacrent aucune forme de partage de notre souveraineté. Ils ne valident ni les prétentions territoriales de qui que ce soit, ni la mise sous tutelle de nos richesses », a souligné Félix Tshisekedi, rappelant que la RDC ne renoncera pas à sa souveraineté et son intégrité territoriale.
Dans ce contexte d’instabilité, le président congolais a décidé d’orienter désormais son action sur quatre priorités : « Obtenir le retrait total et vérifiable de toute force armée étrangère opérant sur notre territoire, qu’elle soit officielle ou dissimulée derrière des groupes armés ; Couper les circuits financiers et logistiques de la violence, en éradiquant l’exploitation illicite de l’or, du coltan, du cobalt et d’autres ressources, ainsi que la contrebande qui alimente les réseaux ; Assurer la protection effective des civils, en particulier des femmes et des enfants, et garantir l’accès humanitaire aux zones affectées et Ancrer la paix dans la durée, en combinant fermeté sécuritaire, relance du développement local et démarches de réconciliation au plus près des réalités de chaque communauté ».





