La milice AFC-M23, soutenue par le Rwanda, tente de se positionner, en matière de gouvernance, comme une alternative viable au gouvernement congolais, a révélé le dernier rapport des experts de l’ONU. Au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, le mouvement dirigé par le trio Bisimwa-Makenga-Nangaa a établi une administration parallèle. Une démarche rejetée jeudi par l’Union africaine (UA), qui a exigé le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
Dans sa conquête territoriale, l’AFC-M23 a pris mercredi le contrôle d’Uvira, ville riveraine du lac Tanganyika, située à la frontière entre la RDC et le Burundi. Face à cette percée, l’organisation continentale a réaffirmé sa position constante selon laquelle le règlement durable des conflits dans la région des Grands Lacs repose sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de tous les États.
A cet égard, le président de la Commission de l’UA a réitéré « la condamnation de toute tentative d’établir une administration parallèle dans l’est de la RDC ».
Le dernier rapport des experts de l’ONU a révélé que, depuis avril 2025, l’AFC-M23 a intensifié ses efforts pour consolider son contrôle militaire par un recrutement accru, une formation militaire renforcée, des redéploiements coordonnés de troupes et des opérations menées au Nord et au Sud-Kivu.
Selon le document, ces efforts se sont accompagnés d’une coordination opérationnelle soutenue avec les RDF (armée rwandaise) permettant à l’AFC/M23 de renforcer ses gains territoriaux et d’étendre sa sphère d’influence. Aussi, a-t-il précisé, l’AFC/M23 a cherché à se positionner comme une alternative viable à l’État congolais en matière de gouvernance par la mise en place systématique de structures administratives, judiciaires, fiscales et sécuritaires de type étatique et l’usurpation de fonctions étatiques.
« L’objectif déclaré de l’AFC/M23 était de gouverner les territoires conquis à long terme, par la création d’une région autonome dans l’est de la RDC. En juillet 2025, Benjamin Mbonimpa, secrétaire permanent de l’AFC/M23 et négociateur en chef à Doha, a déclaré que l’AFC/M23 proposait le fédéralisme comme forme de gouvernance. Ces développements contreviennent directement aux engagements de paix de l’AFC/M23 et au régime de sanctions », rapportent les experts onusiens.
Appelant les belligérants à la retenue et à privilégier une solution politique négociée, l’UA a réaffirmé sa disponibilité à travailler de concert avec toutes les parties prenantes régionales et internationales en vue d’impulser un dialogue régional afin de mettre un terme à l’instabilité dans les Grands Lacs.





