La RDC, qui possède d’importantes réserves de minéraux critiques et joue un rôle central dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, presse l’ONU à élaborer un cadre normatif plus harmonisé afin d’améliorer la gouvernance des ressources naturelles et de promouvoir la paix et la sécurité tout en favorisant un développement équitable et durable.
En prélude au débat de haut niveau du Conseil de sécurité sur les ressources naturelles que la RDC entend organiser le 22 juillet, sous la direction du président Félix Tshisekedi, la cheffe de la diplomatie congolaise Thérèse Kayikwamba présidera lundi 13 juillet une réunion autour du thème : « les lacunes normatives liant ressources naturelles et paix : fondements et perspectives ».
Selon des sources onusiennes, cette séance, qui se tiendra dans la salle de conférence 11 du siège de l’ONU, est ouverte à tous les États membres de l’ONU et aux observateurs permanents, ainsi qu’aux représentants des organisations régionales, des entités compétentes des Nations Unies, de la société civile, du monde universitaire et du secteur privé.
Dans sa note conceptuelle, a-t-on appris, la RDC a mis en lumière le rôle stratégique des ressources naturelles pour le développement, notamment pour accélérer la transition énergétique, stimuler la transformation numérique et renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales. Elle a souligne également la demande croissante en minéraux critiques, qui devrait presque tripler d’ici 2030. En outre, Kinshasa a insisté sur les effets néfastes de l’exploitation et du trafic illicites des ressources naturelles, en précisant que ces activités financent les groupes armés, perpétuent les cycles de conflit et de violence et sapent l’autorité de l’État.
Alors que le Conseil de sécurité a déjà abordé les liens entre ressources naturelles et insécurité, le gouvernement congolais a souligné que son approche est fragmentée, privilégiant les situations nationales ou régionales et les régimes de sanctions.
D’après l’administration Tshisekedi, les mécanismes régionaux et internationaux existants visant à lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles sont « fragmentés, hétérogènes et insuffisamment coordonnés », ce qui en limite l’efficacité. Parmi ces mécanismes figurent le Processus de Kimberley , l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) et le Guide sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
La note conceptuelle invite donc les participants à la réunion de lundi à examiner les réussites et les limites de l’approche actuelle ainsi que la valeur ajoutée d’un cadre plus cohérent.
Par le biais de cette réunion, la RDC souhaite faciliter une réflexion plus large sur ces enjeux et explorer les moyens d’élaborer un cadre normatif plus harmonisé afin d’améliorer la gouvernance des ressources naturelles et de promouvoir la paix et la sécurité tout en favorisant un développement équitable et durable.
L’un des objectifs de la réunion est d‘« évaluer la faisabilité politique et opérationnelle » d’un tel cadre et de « proposer des pistes concrètes » à cette fin, notamment par le biais d’un débat thématique ou d’une résolution. Ainsi, les discussions de lundi devraient alimenter le débat public de haut niveau sur les ressources naturelles que Félix Tshisekedi présidera le 22 juillet.







