Des combattants ukrainiens participent aux hostilités dans l’est de la RDC, affirme le chef de la diplomatie russe, qui établit un lien étroit entre Kiev et le M23, milice sanctionnée par les Nations unies qui reçoit des approvisionnements militaires des Forces de défense rwandaises (RDF), notamment des armes et des munitions en plus du matériel d’appui pour les opérations de combat. Selon Sergueï Lavrov, le soutien ukrainien à ce groupe armé responsable de graves violations du droit international vise à « céer des difficultés aux pays amis de la Russie », notamment la RDC et le Burundi.
En mars 2022, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait demandé le retour des Casques bleus ukrainiens déployés auprès de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (Monusco). Malgré ce retrait annoncé, des soldats ukrainiens sont, à en croire Moscou, signalés dans les rangs des rebelles du M23.
« Nous constatons des exemples flagrants d’ingérence étrangère dans les affaires africaines, notamment dans la situation où le gouvernement légitime de la République démocratique du Congo, avec le soutien du Burundi, surmonte l’agression menée contre lui par le groupe M23, avec l’appui de représentants étrangers, y compris ukrainiens. Nous le savons, et nos alliés le savent également », a dénoncé vendredi le ministre russe des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse animée conjointement avec son homologue burundais à Bujumbura, à l’issue de son entretien avec le président Evariste Ndayishimiye.
En réalité, assène Lavrov, dans de trop nombreux conflits sur le continent africain, des Ukrainiens tentent de se ranger du côté des forces opposées aux gouvernements légitimes, dans le seul but « de s’imposer comme un acteur politique dans la région et, surtout, de créer des difficultés aux pays amis de la Russie ».
Condamnant l’implication présumée de Kiev dans la déstabilisation de la RDC, le chef de la diplomatie russe a souligné que les crises sur le continent africain doivent être résolues selon le principe des « solutions africaines aux problèmes africains ».
« Ce principe a été clairement réaffirmé aujourd’hui par le président de la République du Burundi, E. Ndayishimiye. Nous adhérons pleinement à cette position. Nous sommes convaincus que les tentatives extérieures d’imposer certaines solutions ne font qu’aggraver les complications au lieu de résoudre ces crises », a-t-il expliqué, précisant que Moscou soutient toujours la position du Burundi au Conseil de sécurité, à l’Assemblée générale de l’ONU et dans les autres organes.
Au cours de son échange avec le président burundais, il a été réaffirmé l’engagement ferme à approfondir le dialogue politique et diplomatique et à renforcer la coopération internationale pour résoudre les crises mondiales et régionales. La convergence des approches en faveur d’un ordre mondial plus équitable et polycentrique a été soulignée. L’importance de poursuivre une étroite coordination des actions au sein de l’ONU et des autres instances multilatérales a été reconnue.
Compte tenu de la présidence actuelle du Burundi à l’Union africaine, les résultats et les perspectives du partenariat de la Russie avec cette organisation panafricaine ont été examiné. Sergueï Lavrov a souligné l’importance de prendre en compte les intérêts de l’Afrique dans le processus de réforme du Conseil de sécurité de l’ONU.
« L’Afrique dispose d’une position consolidée, reflétée dans les documents pertinents. Nous respectons et soutenons cette position. Nous considérons qu’il est fondamental de remédier aux injustices historiques subies par les pays africains et d’assurer une représentation plus effective des Africains au Conseil de sécurité de l’ONU, aux côtés des représentants des autres régions du Sud, d’Asie et d’Amérique latine. Telle est notre position. Nous sommes profondément convaincus que le groupe occidental ne peut prétendre à des sièges supplémentaires au Conseil de sécurité de l’ONU. Il y est déjà largement surreprésenté, et ce, selon tous les indicateurs », a-t-il martelé.
Le ministre Lavrov a également remercié les autorités burundaises pour leur soutien aux priorités et initiatives de la Russie à l’ONU.







