L’accord de paix de Washington négocié par le président américain Donald Trump n’a pas réussi mettre un terme aux hostilités dans l’est de la RDC. Plus d’une année après sa signature, l’armée rwandaise et les rebelles de l’AFC-M23 consolident davantage leurs positions au Nord-Kivu et Sud-Kivu. Devant l’Assemblée générale de l’ONU, mercredi 23 septembre 2026, la Première ministre de la RDC, Judith Suminwa, n’a pas caché le dépit de son pays qui « continue de subir une guerre d’agression menée par le Rwanda ».
La cheffe du gouvernement congolais a reconnu plusieurs avancées qui ont ouvert des perspectives de fin des violences, comme l’accord de paix signé à Washington en juin 2025 entre Kinshasa et Kigali. Toutefois, elle a noté que « pour des millions de Congolais, cette paix reste une simple promesse ».
Depuis plus de trois décennies, des millions de Congolaises et de Congolais subissent les attaques, les déplacements forcés et le deuil. Et dans le même temps, a-t-elle poursuivi, le pillage de nos ressources continue d’alimenter les circuits du commerce international.
Alors que les efforts diplomatiques en cours semblent avoir montré des limites, Judith Suminwa a fait remarquer que la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité de l’ONU « a tracé une voie sans ambiguïté » en appelant à une cessation effective des hostilités, au retrait des forces rwandaises du territoire congolais et au rétablissement de l’autorité de l’État.
« Mais nous n’avons pas besoin de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés », a-t-elle souligné.
Sur la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), « longtemps invoquée par Kigali pour justifier sa présence militaire sur notre territoire », elle a assuré que son pays met en œuvre ses engagements.
Le protocole signé par la direction politique et militaire des FDLR, le 30 mai 2026, prévoit leur désarmement, leur démobilisation et le cantonnement de ses combattants en vue de leur rapatriement ou de leur relocalisation, sans préjudice des poursuites judiciaires pour les crimes graves, et ce, jusqu’à la dissolution du mouvement.
« La question des FDLR ne saurait donc plus servir de prétexte au maintien d’une présence militaire étrangère sur notre territoire », a-t-elle tranché, précisant que le rapatriement, le 8 septembre dernier, avec l’appui de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), de 120 personnes associées aux FDLR, en constitue une première traduction concrète.
Annoncé avec pompe par Donald Trump comme une solution efficace à la crise rwando-congolaise, l’accord de paix de Washington peine à produire des résultats concrets sur le terrain. Dans l’est de la RDC, les combats se poursuivent entre l’armée congolaise et les rebelles du l’AFC-M23 soutenus par l’armée rwandaise. Kigali continue de conditionner le retrait de ses troupes à la neutralisation militaire des FDLR qui, selon le gouvernement rwandais, constituent une menace existentielle pour le Rwanda.





