Devant le principal organe délibérateur, décisionnaire et représentatif des Nations Unies, la RDC et le Rwanda ont affiché mercredi leurs désaccords persistants. Alors que la Première ministre de la RDC a dénoncé l’agression rwandaise contre son pays, le chef du gouvernement rwandais a, à son tour, accusé Kinshasa de continuer à soutenir les FDLR et violer la convention de l’ONU de 1989 et de la convention de l’OUA de 1977 contre les mercenaires.
Justin Nsengiyumva a fait remarquer aux différentes délégations que les FDLR ont propagé une idéologie génocidaire, commis de graves exactions dans l’est de la RDC et menacé directement la sécurité du Rwanda, notamment par des attaques transfrontalières.
« Elles opèrent désormais aux côtés des troupes burundaises et de milices et mercenaires soutenus par la RDC », a condamné le Premier ministre rwandais.
Selon lui, la crise sécuritaire dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, qui ne s’est pas produite du jour au lendemain, exige une solution politique, en s’attaquant à ses causes profondes et répondant aux préoccupations légitimes de toutes les parties, y compris l’AFC-M23.
« Les racines du conflit dans l’est de la RDC sont politiques, et elles résident dans des griefs anciens, l’exclusion et les défaillances de la gouvernance », a-t-il indiqué, assurant que le Rwanda soutient pleinement les efforts diplomatiques en cours pour parvenir à une telle solution.
Malgré la poursuite des combats sur le terrain, Kigali a salué les accords de Washington entre le Rwanda et la RDC, ainsi que le processus de Doha entre la RDC et l’AFC/M23, comme autant d’avancées positives.
« Nous sommes reconnaissants des efforts inlassables déployés par le président Donald Trump, son altesse l’Émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, et le médiateur de l’Union africaine, le président Faure Gnassingbé du Togo, pour faire progresser ces processus. Et nous restons attachés à une région où tous les pays peuvent coexister pacifiquement, commercer et se développer ensemble », a souligné Justin Nsengiyumva, qui a appelé tous les acteurs, y compris le Conseil de sécurité, à soutenir équitablement ces mêmes efforts de paix et à encourager toutes les parties à honorer leurs engagements.
La crise en RDC illustre clairement que l’ONU doit encore prouver sa capacité d’adaptation, a-t-il dit, exhortant les Etats membres à y remédier. Il a expliqué que son pays, confronté à une situation similaire il y a 30 ans, avait survécu grâce à sa « capacité à se reconstruire malgré l’adversité », ajoutant : « Ce qui a rendu cela possible, c’est un principe simple et la conviction que les institutions gagnent leur légitimité non par leurs promesses, mais par leurs réalisations, année après année ».





