Une carrière politique en péril. L’image de Constant Mutamba est désormais liée aux détournements de deniers publics. Alors qu’il purge sa première peine de 3 ans pour détournement de fonds liés à un projet de construction d’une prison à Kisangani, l’ancien garde des sceaux vient d’être condamné encore lourdement dans l’affaire FRIVAO : 10 ans de travaux forcés. L’arrêt de la Cour de cassation a été rendu vendredi 18 septembre 2026.
C’est l’épilogue d’un bras de fer mémorable entre l’ancien ministre de la Justice et les hauts magistrats. La Cour de cassation a établi les infractions de détournement des deniers publics mises à charge de Constant Mutamba qui, lorsqu’il dirigeait le ministère de la Justice, s’était engagé dans une rhétorique très agressive visant à « redresser » un système judiciaire qu’il qualifiait publiquement de « malade ». Cette posture avait provoqué une fronde ouverte de la part des magistrats, qui l’accusaient de populisme et d’ingérence.
À 38 ans, l’ancien candidat à la présidence de la République voit son avenir politique anéanti. Il est passé du statut de figure politique montante et hyper-médiatisée à celui de double condamné par la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire de la RDC.
Dans ses arrêts, la Cour de cassation ne s’est pas contentée de le priver de liberté. Elle a neutralisé la carrière du jeune leader de la dynamique DYPRO en lui imposant : une privation de ses droits de vote et d’éligibilité pendant 5 ans, une exclusion définitive de toute fonction publique, la déchéance du droit à la réhabilitation ainsi que l’obligation de restituer les millions de dollars détournés.
L’affaire FRIVAO porte notamment sur plusieurs opérations de détournement de deniers publics retenues par la Cour, portant sur 14.999.306 dollars américains, 4 millions de dollars, 200.000 dollars, 1.024.000 dollars, 2 millions de dollars et 715.864 dollars à charge de Constant Mutamba et son co-accusé Chançard Bolukola.






