Coup de froid diplomatique entre la RDC et son ancienne puissance coloniale à la suites des perquisitions menées par la justice belge dans le cercle familial du président Félix Tshisekedi en Belgique. La présidence congolaise a interdit jeudi à ses membres tout contact avec l’ambassade de Belgique et son personnel diplomatique ou administratif à Kinshasa.
Moins d’un mois après la réconciliation belgo-rwandaise, la tension monte entre Kinshasa et Bruxelles. Ce qui, pour certains analystes, semble être un dossier privé est entrain de devenir une affaire d’Etat. Même si la note circulaire du directeur de cabinet du chef de l’Etat congolais n’établit aucun lien avec la démarche des autorités belges, mais la protestation transparaît en filigrane. Le timing en dit long aussi.
« A dater de ce jour, il est demandé à l’ensemble des membres du cabinet du président de la République, dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions, de s’abstenir, jusqu’à nouvel ordre, de tout contact direct ou indirect avec l’ambassade du Royaume de Belgique en République démocratique du Congo, ainsi qu’avec son personnel diplomatique et administratif », a écrit Anthony Kinzo, 24 heures après après que le parquet fédéral belge a ordonné des perquisitions visant les résidences de proches familiaux du président Félix Tshisekedi à Bruxelles, ainsi que dans le Brabant flamand et le Brabant wallon.
Les relations diplomatiques n’ont pas été rompues. Le patron du cabinet de Tshisekedi a précisé à ses collaborateurs qu’en de nécessité dûment justifiée, « toute démarche ou communication devra être autorisée et exclusivement emprunter le canal officiel du ministère des Affaires étrangères, conformément aux usages diplomatiques et aux règles régissant les relations entre Etats ».
Cependant, a-t-il prévenu, « tout manquement à la présente note circulaire exposera son auteur aux sanctions administratives et disciplinaires appropriées ».
L’instruction judiciaire belge fait suite à des plaintes déposées en juillet 2025 par des ONG concernant des soupçons de blanchiment, de corruption, d’enrichissement personnel et d’accaparement illégal de concessions minières dans la province du Katanga.
Kinshasa n’a visiblement pas apprécié cette action. Jeudi, la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, a reçu à Kinshasa l’ambassadrice belge, Roxane de Bilderling. Officiellement, les échanges ont porté sur « l’état des relations bilatérales ».
Cette tension intervient dans un contexte de réconciliation belgo-rwandaise. Bruxelles, qui condamnait jadis l’agression rwandaise contre la RDC, joue désormais à l’équilibrisme. La diplomatie belge semble avoir cédé face aux pressions du Rwanda et de ses partenaires. Conséquence : le ton a changé vis-à-vis de Kinshasa.







