Les violences de masse et le pillage des ressources naturelles qui ravagent l’est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis plus de trente ans sont principalement l’œuvre du président rwandais Paul Kagame et son entourage « sanguinaire », affirme l’eurodéputé Thierry Mariani, qui réclame des sanctions européennes contre le régime de Kigali.
Dans la partie orientale de la RDC, les opérations militaires du Rwanda ont fait plusieurs millions de victimes et des millions de déplacés internes, accompagnés d’un usage massif des violences sexuelles comme arme de guerre. Ces exactions, selon l’ONU, sont susceptibles d’être qualifiées de crimes de génocide, insiste le député français, dénonçant le silence de l’Union européenne face aux souffrances de Congolais.
« Madame la présidente, le 24 octobre marquera le 30ᵉ anniversaire du début de la guerre au Congo. Depuis 1996, ce pays a connu 30 ans de malheurs, de massacres, de pillages et de souffrances. Ce drame porte un nom : le génocost. En réalité le massacre, le génocide, même, de tout un peuple pour des raisons de prédation économique. Nous savons que le premier coupable de ce génocost, c’est le Rwanda de Paul Kagame, qui occupe militairement la RDC et pille depuis 30 ans les richesses minières de ce pays au prix de millions de vies humaines. Dès 2010, le rapport Mapping des Nations unies sur la RDC évoquait des crimes susceptibles d’être qualifiés de crimes de génocide », a-t-il déclaré lors de la plénière du Parlement européen, lundi 19 octobre 2026 à Strasbourg.
L’Union européenne est accusée de jouer un double jeu en raison de son partenariat économique et minier avec Kigali, alors que l’armée rwandaise occupe, en violation du droit international, une partie du territoire congolais.
« Pire, elle collabore avec le dictateur rwandais en signant des accords sur les minerais et en finançant même son armée jusqu’ en mars 2026 », a tonné Thierry Mariani, estimant que face au génocide congolais, « Bruxelles doit cesser ces compromissions et punir enfin Kagame et son entourage sanguinaire avec des sanctions que ce Parlement a demandé l’année dernière ».
Sur le terrain, la situation est extrêmement critique avec l’usage d’armes lourdes et de drones dans les zones peuplées. « L’Europe n’a plus le droit d’ignorer ce génocide », a-t-il martelé.
Les affrontements persistent au Nord-Kivu et au Sud-Kivu malgré les accords de paix signés à Washington et Doha. Bien que des condamnations verbales soient régulièrement prononcées, l’Union européenne a hésité à imposer des sanctions économiques ou politiques d’envergure susceptibles de contraindre réellement le gouvernement rwandais à faire marche arrière.








