Le député fédéral belge, Pierre Kompany, a accusé l’ancien président congolais Joseph Kabila, devenu chef rebelle, d’avoir joué un rôle déterminant dans la déstabilisation de la République démocratique du Congo (RDC) au profit du Rwanda. Il a fait référence notamment aux accords de mixage, de brassage et d’intégration des éléments liés à Kigali au sein des FARDC, signés sous sa présidence.
Lors de l’audition du ministre des Affaires étrangères, Maxime Prevot, mercredi 21 octobre 2026, par la commission des relations extérieures de la Chambre des représentants de Belgique, l’homme politique belge d’origine congolaise a affirmé que, c’est grâce à Kabila que les groupes armés ont survécu dans l’est de la RDC.
« Vous avez aussi entendu le réflexe normal de notre ministre qui condamne catégoriquement ce que vient de faire M. Joseph Kabila, qui a été président du Congo pendant près de deux décennies, c’est-à-dire concocter tout ce qu’il avait prétendu combattre pendant sa présidence. Aujourd’hui, il montre peut-être – c’est mon avis formel – qu’il y était pour beaucoup. Ces mouvements ont survécu grâce à lui, qui injectait des militaires rwandais dans l’armée congolaise sous prétexte de dialogue », a-t-il déclaré.
L’ex-chef de l’Etat a pris la tête de la rébellion menée par l’AFC/M23 dans l’est du pays. ces organisations ont été dissoutes et intégrées dans un nouveau mouvement politico-militaire dénommé Front pour la Refondation de la Nation (FRN). L’objectif de ce mouvement est clairement affiché: renverser le gouvernement de la République démocratique du Congo par tous les moyens, y compris par la force.
« Nous sommes donc face à une volonté explicitement affirmée de poursuivre les combats et d’en étendre la portée géographique, malgré le processus de paix en cours et les efforts de concertation entrepris par les différents acteurs concernés. Comme trop souvent, la course aux profits, alimentée par la volonté de contrôler l’accès aux minerais du sang, avec le soutien du Rwanda, risque d’entretenir la déstabilisation de la République démocratique du Congo. Une fois encore, ce sont les populations civiles qui risquent d’en payer le prix le plus lourd. Des populations dont le sort semble peser bien peu face aux ambitions de cette rébellion », a dénoncé le premier bourgmestre noir de l’histoire de Belgique.
Face à une situation qui menace, une fois de plus, la stabilité de la République démocratique du Congo et la sécurité de sa population, Pierre Kompany a estimé que la communauté internationale ne peut pas rester les bras croisés ni se contenter de simples condamnations verbales.
« Ces développements sont graves et appellent une réaction rapide, ferme et concertée de la communauté internationale, à laquelle notre pays doit pleinement prendre part », a-t-il souligné.
Dans sa communication, le chef de la diplomatie belge a condamné fermement la création du FRN. Maxime Prevot a jugé « déplorable, incompréhensible et inacceptable » que Joseph Kabila, un ancien chef d’État qui a lui-même été confronté au ravage des rébellions armées, fasse le choix de prendre la tête d’un mouvement politico-militaire qui entend parvenir au pouvoir par les armes plutôt que par les voies démocratiques.







