« Kabila menace de provoquer un coup d’État militaire contre le président Tshisekedi », dénonce Els Van Hoof , députée de la Chambre des representants de Belgique, qui avertit que la République démocratique du Congo risque de sombrer dans une crise politique encore plus profonde qu’elle ne l’est déjà.
L’élue du Brabant flamand a fulminé contre Joseph Kabila Kabange pour avoir officialisé son ralliement à la voie armée depuis Goma, marquant une rupture totale avec sa posture politique traditionnelle et son statut d’ancien chef de l’État. Avec la création du mouvement politico-militaire Front pour la refondation de la nation (FRN), prévient-elle, une nouvelle lutte d’influence régionale menace également d’émerger.
« La création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) est un fait avéré. Longtemps, des rumeurs circulaient quant à l’émergence d’un mouvement dirigé par l’ancien président Kabila. C’est désormais une réalité. Kabila menace de provoquer un coup d’État militaire contre le président Tshisekedi. Les enjeux du conflit semblent s’étendre à l’ensemble du territoire congolais », a-t-elle dénoncé mercredi lors de l’audition du ministre belge des Affaires étrangères devant la commission des relations extérieures de la Chambre des representants.
Parallèlement, a-t-elle fustigé, la partition de la RDC se perpétue car le M23, (membre du FRN) avec le soutien du Rwanda, a mis en place un appareil d’État parallèle dans les zones sous son contrôle. « Des impôts y sont prélevés et des enrôlements forcés y sont pratiqués », a-t-elle condamné.
Kabila joue le tout pour le tout
Els Van Hoof a exprimé ses inquiétudes quant à la volonté de l’ancien président de la République de s’emparer du pouvoir par la force au détriment d’une population vulnérable.
« Il est clair que Kabila joue le tout pour le tout et attise les tensions dans ce conflit. Cela se produit au moment même où le Congo a annoncé le dialogue national. Peut-être qu’au moment où des progrès pourraient être réalisés, Kabila fait obstacle. Ce dialogue national s’en trouve donc compliqué à organiser », a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, elle a estimé que Bruxelles devrait continuer à mettre en avant la question rwandaise. « Il est positif que nous ayons renoué des relations bilatérales. Nous devons en effet les maintenir en phase avec les processus de Doha et de Washington, afin d’éviter une escalade de la lutte d’influence régionale », a-t-elle conclu.
Condamné à mort par contumace en septembre 2025 par un tribunal militaire congolais pour trahison et crimes de guerre, et visé par des sanctions des États-Unis en avril 2026, Joseph Kabila joue une carte qualifiée de « quitte ou double » face au pouvoir de Félix Tshisekedi.








