L’approche fondée sur la force des armes est insuffisante pour ramener une paix durable en République démocratique du Congo (RDC), estime Berlin. Dans l’est du pays, région ravagée par trois décennies de guerres incessantes, ayant fait des millions de victimes civiles, « seule une solution politique » peut relever les défis sécuritaires, a affirmé Serap Güler, ministre adjointe des Affaires étrangères de l’Allemagne, qui effectue une tournée régionale dans les Grands Lacs, incluant des étapes au Rwanda, au Burundi et en RDC.
Alors que la situation s’enlise dans une impasse militaro-politique et que la violence fait rage, Serap Güler a conclu une visite de deux jours à Kigali, marquée par des entretiens avec le président Paul Kagame, le ministre de l’Intérieur Vincent Biruta et le ministre de la Défense Juvenal Marizamunda.
« Seule une solution politique au conflit dans l’est de la RDC est envisageable. Toutes les parties doivent respecter leurs obligations découlant des accords de paix », a-t-elle déclaré dans un contexte de fortes tensions, l’ancien président congolais Joseph Kabila ayant franchi un cap inédit en prenant officiellement les armes, avec le soutien du Rwanda, contre le gouvernement de Félix Tshisekedi.
Au Burundi, où elle a échangé jeudi avec le président Evariste Ndayishimiye, la diplomate allemande a laissé entendre que Berlin et Gitega « partagent la quête de la paix dans les Grands Lacs, afin que cette région pleine de potentiel puisse enfin accéder à la stabilité et à la prospérité ».
« Elle a également exprimé son respect et sa reconnaissance envers le Burundi pour son rôle à la tête de l’Union africaine et son implication dans la recherche de solutions pacifiques aux crises qui affectent notamment la RDC, le Soudan et les pays du Sahel. À cet égard, elle a encouragé le président burundais, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, à poursuivre et à intensifier ses efforts en faveur de l’accélération du processus de paix en RDC », a rapporté la présidence burundaise.
Par ailleurs, Güler a annoncé une aide alimentaire d’urgence de 500 000 euros destinée aux réfugiés congolais installés à Cishemere, tout en saluant les efforts du pays dans l’accueil des déplacés et la recherche de la paix.
À Kinshasa, elle s’est entretenue vendredi avec la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba, sur l’importance de parvenir à une paix durable dans les meilleurs délais et la situation humanitaire particulièrement préoccupante des populations déplacées en provenance d’Uvira .
Les deux personnalités ont discuté également du prochain mandat de la MONUSCO, dont le renouvellement fera prochainement l’objet de négociations au Conseil de sécurité des Nations Unies. Cette rencontre a été couronnée par la signature de l’accord de siège pour la réouverture de l’Institut Goethe en RDC, une nouvelle passerelle de rapprochement entre les peuples congolais et allemand.







