Passe d’armes à Genève. C’était prévisible. La représentante du Rwanda a croisé le fer avec les délégations congolo-burundaises, mercredi 17 juin, lors du dialogue interactif de l’ONU sur le rapport annuel du haut-commissaire aux droits de l’homme concernant la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, où opère l’armée rwandaise aux côtés des rebelles du M23, milice sanctionnée par les Nations unies.
La représentante permanente du Rwanda à l’Office des Nations unies à Genève, Urujeni Bakuramutsa a pesté contre les ambassadeurs burundais et congolais qu’elle a reproché d’avoir « choisi » de formuler des accusations contre le Rwanda, qui, selon elle, ne correspondent pas aux données présentées par Volker Türk.
D’emblée, elle a rejeté toute tentative de transformer la tribune onusienne en plateforme d’accusations, pointant du doigt, à son tour, la « collaboration » entre l’armée burundaise et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
« Premièrement, Il faut rappeler la présence du Burundi dans l’est de la RDC. Plus de 10 000 soldats burundais sont déployés aux côtés des FARDC, des FDLR, des Wazalendo et de mercenaires étrangers engagés par le Kinshasa. Des rapports de terrain ont documenté de graves abus commises par les forces burundaises contre les civils, notamment des violences sexuelles, des détentions arbitraires et d’autres violations graves. Le Rwanda ne cesse de s’exprimer sur la menace sécuritaire grave que représente la présence continue des FDLR », a-t-elle répondu aux accusations de crimes commis par l’armée rwandaise et les rebelles du M23 au Nord-Kivu et Sud-Kivu.
Kigali charge Kinshasa
Dans sa déclaration, Urujeni Bakuramutsa a également étrillé la RDC. Selon elle, malgré les orientations claires du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la neutralisation des FDLR,et les engagements pris dans le cadre des Accords de paix de Washington, « les FDLR continuent d’être armées, coordonnées et intégrées dans les forces armées congolaises ».
« Plusieurs rapports démontrent également que la RDC coopère également avec plusieurs milices, notamment les Wazalendo et CODECO. La RDC ne peut pas prétendre rechercher la paix tout en armant, en coordonnant et en utilisant des milices et des groupes armés, qui nourrissent l’insécurité, et prolongent les souffrances des civils », a-t-elle tonné, estimant que la priorité pour l’est de la RDC et pour la région des Grands Lacs est de construire une paix durable par la mise en œuvre des accords de paix, et non par des solutions militaires ou des accusations qui ne résistent pas à l’examen des faits.
En dépit de la pression croissante du médiateur americain sur l’administration Kagame, la diplomate rwandaise a assuré que son pays reste « engagé » au respect des processus en cours visant à la paix durable dans la région des Grands Lacs, sans évoquer le retrait exigé des troupes rwandaises du territoire congolais.











