Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a exhorté, mardi 16 juin 2026, ses homologues africains à s’impliquer davantage dans les initiatives de paix en cours pour obtenir urgemment un cessez-le-feu dans l’est de la RDC. L’arrêt des combats entre l’armée congolaise et les rebelles du M23 soutenus par l’armée rwandaise permettra, selon lui, à la riposte contre l’épidémie d’Ebola se dérouler sans entrave.
Prenant la parole lors de la réunion virtuelle de haut niveau des chefs d’Etat, de gouvernement et partenaires africains sur l’épidémie d’Ebola, Cyril Ramaphosa fait remarquer que les mesures de santé publique déployées par la région sont compromises par l’environnement instable dans lequel la riposte est menée.
Ainsi, a-t-il suggéré aux dirigeants politiques d’apporter leur aide en créant des corridors sécurisés pour le passage des biens et des services. « Nous devons rechercher un cessez-le-feu pour permettre à la riposte contre Ebola de se dérouler sans entrave. Nous devons continuer à renforcer la collaboration transfrontalière. Nous devons développer les tests de diagnostic rapide, le traçage des contacts et la sensibilisation communautaire », a-t-il proposé, souhaitant que la riposte se concentre sur la rupture de la transmission et l’arrêt d’Ebola à sa source.
Réaffirmant son soutien au plan continental de préparation et de réponse récemment lancé, le président sud-africain a annoncé que son pays porte sa contribution à 13,5 millions de dollars américains, témoignant ainsi de son engagement en faveur de la solidarité et de la souveraineté des peuples du continent.
« J’appelle tous les dirigeants à maintenir ou à augmenter leurs engagements, et tous ceux qui ont pris des engagements lors de la dernière réunion à les convertir intégralement en espèces, en contre-mesures médicales ou en assistance technique », a-t-il lancé, rappelant qu’en l’absence de vaccin ou d’antiviral, chaque jour où la transmission se poursuit sans contrôle, le coût humain augmente.
Alors que les cas explosent, il s’est dit inquiet du fait que l’Afrique ne dispose d’aucune biotechnologie dans son arsenal pour lutter contre la souche Bundibugyo d’Ebola.Tout en saluant et en soutenant sans réserve les efforts de GAVI, de la CEPI et d’autres organisations, le président Ramaphosa a indiqué que l’Afrique ne peut pas dépendre indéfiniment des marchés et des systèmes de production extérieurs pendant les urgences sanitaires.
« La riposte à Ebola ne peut donc pas s’arrêter avec la fin de cette épidémie. Ce moment doit devenir un tournant. En tant que dirigeants africains, nous devons accélérer les investissements dans la production locale, renforcer l’Agence africaine des médicaments et rendre opérationnel le mécanisme africain d’achat groupé. Les fabricants africains doivent disposer de marchés prévisibles et les pays africains doivent avoir un accès fiable aux produits vitaux en cas d’urgence », a-t-il souligné, appelant les partenaires internationaux à continuer de se tenir aux côtés de l’Afrique dans un esprit de solidarité et de responsabilité mutuelle.
Le dimanche 14 juin, la République démocratique du Congo a enregistré 782 cas confirmés avec 181 décès. 72 nouveaux cas en 24h, record depuis le début de l’épidémie qui a touché 29 zones de santé dans trois provinces (Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu).





