L’Ituri fait face à une grave crise humanitaire. Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU a tiré la sonnette d’alarme, vendredi 19 juin, face à la détérioration des conditions de vie dans les camps de déplacés de la province d’Ituri. Face à la presse, Stéphane Dujarric a prévenu que la surpopulation et le manque d’hygiène dans ces sites accroissent le risque de transmission du virus Ebola.
Dans cette province située dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, plus de 270 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, sont hébergées dans plus de 60 sites, dont beaucoup n’ont pas un accès adéquat à l’eau, à l’assainissement et aux services de santé.
« Nous avons reçu des informations de nos partenaires locaux selon lesquelles, entre le 17 et le 18 juin, au moins 13 personnes sont décédées dans deux camps à Bunia. Les équipes d’intervention enquêtent en urgence afin de déterminer si ces décès sont liés à Ebola et de mettre en œuvre les mesures appropriées. Depuis avril, au moins 62 décès ont été signalés dans les camps aux alentours de la ville », a déclaré le porte-parole d’Antonio Guterres.
Selon l’ONU, ces décès surviennent dans un contexte de recrudescence plus large d’Ebola à Bunia, où la méfiance envers les établissements de santé, la surpopulation, les lacunes dans les mesures de prévention et la manipulation non sécuritaire des corps accroissent les risques de transmission parmi les personnes déplacées dans les camps.
La situation est particulièrement préoccupante car la province d’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, concentrant plus de 90 % des cas confirmés. Au 17 juin, les autorités ont recensé 896 cas confirmés dans les provinces d’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans cette situation préoccupante, l’ONU assure qu’elle collabore avec les autorités locales pour renforcer l’engagement communautaire et intensifier les efforts en matière de santé et d’assainissement dans les camps.
« Cependant, les mesures actuelles sont insuffisantes compte tenu de l’ampleur des besoins. L’épidémie d’Ebola se déroule dans un contexte de crise humanitaire plus large », a-t-il précisé, rappelant que le plan de réponse humanitaire 2026, doté d’un budget de 1,4 milliard de dollars, vise à couvrir l’ensemble des besoins humanitaires, notamment la sécurité alimentaire, la protection, l’eau et l’assainissement, les soins de santé et l’éducation, pour 7,3 millions de personnes parmi les plus vulnérables de la RDC. Or, a-t-il regretté, l’appel de fonds n’a été financé qu’à un peu plus de la moitié, avec 745 millions de dollars reçus.








