La première réaction de Félix Tshisekedi à la création du FRN par Joseph Kabila retentit avec la force du tonnerre. Devant sa majorité parlementaire samedi à Kinshasa, le président de la République démocratique du Congo (RDC) a vivement critiqué son prédécesseur, allant jusqu’à le qualifier de « peureux ».
Confiant, le chef de l’Etat congolais a estimé que la contre-offensive des FARDC, qui a brisé la dynamique des agresseurs et renversé le rapport de force, ainsi que les sanctions internationales ont poussé l’administration Kagame a dévoilé son jeu, en tentant avec Joseph Kabila, de donner une coloration congolaise à l’agression rwandaise.
Sur la même lancée, il a tiré à brûle-pourpoint sur son processeur, « un homme peureux qui, aujourd’hui, retourne les armes contre un pays qu’il a dirigé pendant 18 ans et qu’il n’a jamais aimé ».
Face à la nouvelle menace posée par les rebelles du FRN soutenus par les Forces rwandaises de défense (RDF), Félix Tshisekedi a appelé sa majorité et ses troupes à rester soudées, tout en assurant que la situation reste « sous contrôle ».
Favorable à un troisième mandat, alors que l’opposition dénonce une initiative susceptible de favoriser la balkanisation du pays, l’autorité de référence de l’Union sacrée de la nation (USN) affirme avoir une mission « de remettre le pays sur les rails et d’instaurer une paix durable ».
Par ailleurs, il n’a pas exclu l’approche politique pour résoudre cette crise complexe. À ce sujet, il a annoncé la désignation dès la semaine prochaine des animateurs d’un dialogue national, avec des coordinations provinciales et deux co-facilitateurs de l’Union africaine (UA).
L’affrontement ouvert entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila qui a désormais basculé dans une posture militaire fait craindre au pays une crispation politique supplémentaire et une instabilité accrue à l’approche des échéances électorales.
La déclaration du président de la République intervient en pleine polémique sur le projet de révision ou de changement de la Constitution, qui permettrait à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat en 2028. L’opposition y voit un coup de force institutionnel, tandis que la majorité y associe des perspectives de refondation de l’État. Le pouvoir en place est accusé de contourner les urgences sécuritaires pour préserver des ambitions électorales.








