La ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, Thérèse Kayikwamba Wagner, a plaidé vendredi 23 octobre 2026 auprès de l’ambassadeur de l’Union européenne à Kinshasa, Douglas Carpenter, pour des sanctions ciblées contre les dirigeants rwandais et les responsables du Front pour la refondation de la nation (FRN) en raison de graves menaces sur la sécurité, l’intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC.
Instrument essentiel de la politique étrangère et de sécurité commune de l’UE, les sanctions peuvent viser des gouvernements de pays tiers, des entités non étatiques, des groupes et des particuliers, et prendre la forme d’un gel des avoirs et d’une interdiction de pénétrer sur le territoire européen.
Face à la poursuite de l’offensive du FRN, milice dirigée par l’ancien chef de l’Etat Joseph Kabila et soutenue par Kigali, la cheffe de la diplomatie congolaise a appelé l’Union européenne à passer des mots à des mesures punitives pour contraindre les agresseurs à se retirer de toutes les zones occupées au Nord-Kivu et Sud-Kivu.
« La ministre d’État a plaidé pour une action européenne plus ferme face à la crise dans l’est, des sanctions ciblées et un dialogue politique renforcé, en vue d’un partenariat plus équilibré et constructif », a annoncé la diplomatie congolaise, soulignant que l’échange entre Kayikwamba et Carpenter était « franc » sur les relations RDC-UE.
Kinshasa continue d’accuser l’administration Kagame de déployer des troupes des Forces rwandaises de défense (RDF) sur son sol et de soutenir activement la rébellion du FRN (anciennement AFC-M23), en violation de la souveraineté congolaise et des résolutions de l’ONU, notamment la résolution 2773 qui a ordonné « le retrait immédiat et inconditionnel des RDF du territoire congolais, la cessation immédiate des hostilités et la fin de tout soutien rwandais aux rebelles ».
Sur le terrain, de violents affrontements opposent l’armée congolaise aux rebelles du FRN soutenus par l’armée rwandaise notamment à Rugezi, zone stratégique situés dans les hauts plateaux de Minembwe, dans le territoire de Fizi, province du Sud-Kivu.
Dans un communiqué, le FRN a accusé les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) d’entrer « dans une phase décisive de ses préparatifs militaires et se préparer à déclencher une offensive de grande envergure mobilisant simultanément des forces terrestres, des moyens aériens et de l’artillerie lourde ».
Alors que les initiatives diplomatiques sont dans une impasse, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prevot, a déclaré mercredi qu’il poursuivra ses consultations avec ses homologues de la région, de l’Union européenne ainsi qu’avec les pays investis dans les efforts de médiation, afin d’examiner les réponses à apporter par la communauté internationale face à cette évolution préoccupante et à toute tentative de faire dérailler les processus de négociation.







