Point majeur de crispation dans le conflit entre Kinshasa et Kigali, la démobilisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) obtient un soutien financier allemand d’un million d’euros. L’annonce a été faite à la Monusco, qui appuie l’armée congolaise dans cette opération, par la ministre adjointe aux Affaires étrangères de l’Allemagne, Serap Güler.
Concernant le conflit dans l’est de la RDC, le message a été clair envers les présidents rwandais, burundais et congolais : il ne peut y avoir qu’une solution politique. Les accords de paix doivent être mis en œuvre par toutes les parties. L’Allemagne y apporte son plein soutien.
À Kinshasa, Serap Güler a échangé également avec le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, James Swan, notamment sur le plan de démobilisation des FDLR. « La ministre d’Etat a annoncé au chef de la MONUSCO 1 million d’euros supplémentaires pour la démobilisation des FDLR, élément clef de l’accord de Washington entre la RDC et le Rwanda », a annoncé le département africain du ministère allemand des Affaires étrangères, soulignant que Berlin est l’un des plus grands contributeurs de l’aide humanitaire afin de soulager la souffrance de la population.
Dans le cadre des processus de paix, notamment l’accord de Washington, la neutralisation « irréversible et vérifiable » des FDLR par la RDC est exigée en symétrie avec le retrait des troupes rwandaises et l’arrêt du soutien au M23.
L’ONU estime à environ 3 500 le nombre de combattants des FDLR encore présents sur le sol congolais. Fin juillet 2026, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), représenté par le ministre de l’Intégration régionale Floribert Anzuluni, a officialisé un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement avec une faction des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont l’adhésion a été confirmée par le chef politique du mouvement Victor Byiringiro.
Le texte prévoit que les combattants soient regroupés dans des sites de cantonnement sécurisés, sans aucune mesure d’extradition forcée vers le Rwanda. Un appui de la MONUSCO a déjà permis le rapatriement volontaire de plus de 120 anciens combattants des FDLR et de leurs familles.
Créées en 2000 par des Hutus rwandais, dont certains impliqués dans le génocide des Tutsi de 1994, les FDLR sont considérées par Kigali comme une menace existentielle. À l’inverse, Kinshasa et plusieurs analyses estiment qu’elles ne représentent plus une menace militaire conventionnelle majeure pour le Rwanda et servent souvent d’alibi à Kigali pour justifier une ingérence ou un soutien militaire à la rébellion du M23.








