La tension monte d’un cran sur la scène politique de la République démocratique du Congo. En séjour à Moscou, où il a notamment reçu le titre de docteur honoris causa de l’Université RUDN, Félix Tshisekedi a tenu un discours sans concessions devant la diaspora congolaise de Russie. Le chef de l’État s’est livré à un grand déballage, ciblant frontalement son prédécesseur Joseph Kabila.
Revenant sur les accusations de corruption et de mauvaise gouvernance qui visent son propre régime, le président de la RDC a inversé la charge de la preuve en ciblant directement la fortune de l’ancien président Joseph Kabila.
« Il est multimilliardaire, et ils disent que nous sommes en train de voler le pays. Dans leur stratégie, ils se sont dit : ce monsieur bénéficie tellement du soutien du peuple qu’il faut commencer par le salir », a-t-il déclaré.
Défendant son bilan, le chef de l’État a balayé les critiques récurrentes sur les coûts de ses déplacements internationaux. « Ils ont d’abord commencé avec l’affaire des voyages présidentiels, en affirmant que cela coûtait énormément au Trésor public », a-t-il rappelé, soulignant que la Banque centrale du Congo avait immédiatement dénoncé des « mensonges » s’agissant de dépenses rigoureusement prévues par le budget de l’État.
Dénonciation d’un complot contre sa famille avec « un avocat des Rwandais »
Le président congolais est allé plus loin en dénonçant une campagne de déstabilisation orchestrée, selon lui, par ses opposants en complicité avec des réseaux étrangers. Il évoque une machination visant délibérément ses proches pour l’atteindre personnellement.
« Ils ont monté leur complot avec un avocat, un faux avocat blanc très proche des Rwandais depuis 30 ans, avec qui ils se sont habitués aux mensonges. Ils se sont mis ensemble avec mon prédécesseur. L’objectif était de toucher ma famille », a-t-il dénoncé.
Faisant référence à de récentes perquisitions en Belgique, dont les détails n’ont pas été formellement explicités, Félix Tshisekedi a ironisé sur l’absence de preuves tangibles présentées au public. « Jusqu’à ce jour, j’attends toujours que l’on nous dise ce qui a été retrouvé… Nous avons déjà constitué notre collectif d’avocats et nous allons contre-attaquer », a-t-il prévenu.
La tension entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi a atteint un niveau de rupture politique et militaire ouverte en octobre 2026 . L’ancien président a officialisé depuis Goma sa prise de tête du Front pour la refondation de la nation, une coalition intégrant notamment le groupe rebelle M23 et l’AFC (Alliance Fleuve Congo), qu’il présente comme un mouvement visant à mettre fin à la « tyrannie » de Félix Tshisekedi.
Dans sa réaction, le président Félix Tshisekedi a qualifié Joseph Kabila de « supplétif du Rwanda » et l’accuse d’avoir rompu l’alternance pacifique de 2019. Sur le plan judiciaire, le Sénat a levé l’immunité parlementaire de Joseph Kabila en mai 2025 pour trahison et crimes de guerre liés aux accusations de soutien aux rebelles.










