« Bon élève » des institutions de Bretton Woods (Banque mondiale et Fonds monétaire international) avec lesquelles il a harmonieusement travaillé pour le spéculaire redressement économique de la RDC entre 2007 et 2011, Adolphe Muzito fait son come-back à l’exécutif national. Le président Félix Tshisekedi lui a confié le Budget, portefeuille que l’élu de Kikwit a dirigé du 6 février 2007 jusqu’à sa nomination à la tête du gouvernement en octobre 2008.
Le Premier ministre honoraire a été nommé vice-Premier ministre en charge du Budget. Le choix porté sur le président du parti Nouvel Elan est stratégique. Félix Tshisekedi entend donc renforcer le partenariat de la RDC avec la BM et le FMI, dont la présence est un gage de bonne gouvernance.
Déterminée à atteindre une croissance inclusive et durable, la RDC, sous l’administration Tshisekedi, peut compter sur l’expertise de Muzito pour accroître ses recettes intérieures, rationaliser les incitations fiscales et investir dans les services sociaux ainsi que dans les infrastructures, alors que, selon la Banque mondiale, le potentiel de développement du pays demeure important, avec des perspectives économiques positives.
Homme des chiffres, le nouveau patron du Budget a, il y a quelques mois (alors opposant), exhorté le gouvernement a capitalisé la conclusion de la 6ème revue avec le FMI pour mobiliser pour les 5 prochaines années, 20 ou 30 milliards de dollars sur le marché financier international en vue de lancer la construction des infrastructures de base à savoir les routes, les chemins de fer, les barrages hydroélectriques, sur l’ensemble du pays.
Le come-back de Muzito au Budget coïncide avec la publication du rapport de la Banque mondiale sur la situation économique de la RDC, qui a recommandé la rationalisation des incitations fiscales afin d’améliorer l’efficacité des politiques fiscales et ouvrir la voie à de futures baisses de taux d’imposition, tout en garantissant des ressources adéquates pour le développement et les dépenses sociales.
Désormais à la tête de ce portefeuille stratégique, Adolphe Muzito est très attendu notamment dans l’amélioration de la traçabilité des recettes en mettant l’accent sur l’objectif de l’accroissement des ressources budgétaires à travers le renforcement de l’application des mesures à caractère fiscal et non fiscal, la recherche des ressources innovantes, la mise en œuvre des mesures nouvelles de maximisation des efforts pour endiguer le coulage des recettes.
Des chiffres qui parlent
Le leader de Nouvel Elan a réalisé plusieurs prouesses. Son passage au gouvernement a été marqué par l’augmentation de 300% du budget de l’Etat en ressources propres (2006-2011), passant de 850 millions $ à 3,5 milliards $. Avec Muzito aux commandes, les réserves de change étaient passés de 90 millions $ à 1,5 milliard $, entraînant une stabilisation du franc congolais.
En RDC, a noté la Banque mondiale, la stabilité macroéconomique a été maintenue grâce à la discipline budgétaire et à l’absence de financement monétaire du déficit. Selon le dernier rapport de l’institution de Bretton Woods, l’inflation, bien qu’encore élevée, a chuté à 8,6 % en juin 2025.
Avec le remaniement ministériel effectué par le président Tshisekedi, Muzito va s’occuper de l’élaboration, suivi et contrôle de l’exécution du budget de l’Etat, en remplacement de Boji Sangara qui a été nommé au ministère de l’Industrie.





