Les femmes restent marginalisées dans les processus de paix. Plus de 25 ans après l’adoption de la résolution 1325, texte fondateur du programme « Femmes, Paix et Sécurité », la RDC, déstabilisée dans sa partie orientale par des groupes armés soutenus, selon l’ONU, par le Rwanda, a appelé à garantir la participation effective des femmes aux négociations de paix, aux dialogues communautaires et aux mécanismes de justice transitionnelle.
Le Conseil de sécurité a débattu mercredi 17 juin du rôle des femmes dans les processus de paix. Dans son intervention, Hippolyte Kingonzila Mfulu, chargé d’affaires à la Mission permanente de la République démocratique du Congo (RDC) auprès des Nations Unies à New York, a exhorté l’ONU à renforcer le soutien technologique et financier aux programmes relevant de l’agenda mondial établi par la résolution 1325, qui vise à garantir l’implication des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, tout en assurant leur protection contre les violences basées sur le genre.
Pour une femme qui sort d’un conflit, a-t-il expliqué, participer aux processus [de paix] signifie passer du statut de survivante à celui d’actrice légitime de la paix.
« Nous devons garantir la participation effective des femmes aux négociations de paix, aux dialogues communautaires et aux mécanismes de justice transitionnelle », a-t-il plaidé, assurant que Kinshasa, pour sa part, s’efforce de renforcer le rôle des femmes dans la paix et la sécurité.
Le diplomate congolais a souligné les mesures prises dans le cadre du plan d’action national, ainsi que celles visant à promouvoir les femmes médiatrices et dirigeantes communautaires, à intégrer une dimension de genre dans la réforme du secteur de la sécurité, à lutter contre les violences sexuelles liées aux conflits et à renforcer la participation des femmes aux institutions de gouvernance.
« La participation des femmes n’est pas seulement un impératif normatif, mais une condition essentielle à la prévention des conflits, à la médiation, à la consolidation de la paix et au relèvement post-conflit », a-t-il souligné.
Kaavya Asoka, directrice exécutive du Groupe de travail des ONG sur les femmes, la paix et la sécurité, a averti que le Conseil lui-même se désengageait de l’agenda des femmes, de la paix et de la sécurité à un moment critique. Elle a souligné qu’en 2025, seulement 46 % des décisions du Conseil faisaient référence aux femmes, à la paix et à la sécurité, soit le niveau le plus bas depuis 2009, tandis que les normes établies en matière d’égalité des sexes, de prévention des violences sexistes, de participation des femmes et de droits sexuels et reproductifs ont été contestées, abrogées ou retirées des travaux du Conseil.
« Chaque jour, nous constatons que le droit international est de plus en plus bafoué au profit d’intérêts particuliers », a-t-elle déclaré, avertissant que « le coût du démantèlement des normes que nous avons collectivement construites sera bien plus élevé ». Elle a exhorté le Conseil à créer les conditions nécessaires à une participation effective des femmes, soulignant que celles-ci ne peuvent participer à la vie publique ou politique si les conditions de leur inclusion ne sont pas réunies. « Condamner sans conviction les attaques contre des civils, tout en continuant d’armer les responsables de ces violences, est inacceptable », a-t-elle affirmé, appelant les États membres à s’engager à suspendre les transferts d’armes lorsqu’il existe un risque important que ces armes soient utilisées pour commettre des violations graves, notamment des violences sexistes.











