Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho), Jean-Claude Katende, a appelé Joseph Kabila à déposer les armes. Dans une déclaration rendue publique ce dimanche, il estime que l’ancien président « ne gagnera pas la guerre qu’il mène contre le Congo au profit du Rwanda ».
Katende ne mâche pas ses mots. Pour le défenseur des droits de l’homme, la suite du conflit dépendra de quatre facteurs : « ce que le parrain rwandais veut, la réaction des Congolais, la réaction des pays de la sous-région et la réaction des États-Unis ».
Mais pour lui, l’issue est déjà connue. « M. Kabila ne gagnera pas la guerre qu’il mène contre le Congo au profit du Rwanda. Et les Congolais qui le suivent aveuglément en seront déçus », affirme-t-il.
« Qu’il dépose les armes »
Le président de l’Asadho lance un appel direct à l’ancien chef de l’État : « Mon appel est que M. Kabila dépose les armes ! » Pour justifier son appel, Jean-Claude Katende rappelle deux épisodes politiques majeurs de l’histoire récente de la RDC.
« Quand nous l’avons contraint à organiser les élections en 2018 et à partir, qui avait pris des armes contre lui ? Quand nous l’avons empêché de changer de Constitution en 2016, qui avait pris des armes contre lui ? », interroge-t-il.
Jean-Claude Katende propose une alternative à l’ancien président. S’il se croit populaire, dit-il, il doit venir lutter sur le terrain politique.
« Qu’il vienne faire avec nous la résistance démocratique pour empêcher M. Tshisekedi de changer de Constitution. Voilà le combat de ceux qui aiment la démocratie et qui y croient », lui-a-t-il recommandé.
Cette déclaration intervient alors que le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle continue de diviser la classe politique congolaise à Kinshasa. Le 12 octobre 2026 à Goma, Joseph Kabila a pris la tête d’une nouvelle coalition politico-militaire, le Front pour la refondation de la nation (FRN), qui regroupe plusieurs dirigeants de l’ancienne Alliance Fleuve Congo / M23.
Le mouvement affirme vouloir obtenir un changement de pouvoir à Kinshasa « par tous les moyens, y compris la force ». Depuis, Katende multiplie les déclarations pour dénoncer ce qu’il appelle une contradiction : sous son règne, rappelle-t-il, « M. Kabila était contre la prise de pouvoir par les armes ».








