Un troisième mandat pour Félix Tshisekedi met « en danger » les principes de base de la démocratie, alerte Denis Mukwege qui accuse le président de la République, arrivé fin mandat, de chercher à s’accrocher au pouvoir en érigeant un système basé sur le culte de la personnalité, au mépris du principe de l’alternance démocratique, après un bilan « désastreux » en matière de gouvernance sécuritaire, économique et sociale.
L’initiative du parti présidentiel visant à doter la RDC d’une nouvelle loi fondamentale expose l' »incohérence » udpsienne, selon le Prix Nobel de la paix, regrettant qu’il y a 10 ans, sous Joseph Kabila, Félix Tshisekedi et sa famille politique qui avaient battu le pavé à travers le pays pour s’opposer à la révision constitutionnelle, mettant en péril la vie de jeunes compatriotes, sont aujourd’hui les irréductibles qui remuent ciel et terre pour changer la même Constitution, pourtant verrouillée dans certains articles.
A l’instar de Modeste Bahati Lukwebo, Mukwege fait remarquer que la RDC a un très sérieux problème, non pas de textes légaux inadaptés ou imposés de l’extérieur, mais plutôt de femmes et d’hommes capables de le gouverner efficacement en assurant à la population la paix, la justice, le travail et la dignité pour tous.
Pas de troisième mandat, pas de changement constitutionnel, le célèbre activiste congolais fixe les priorités essentielles : mettre fin à la guerre dans l’est et restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
Prévenant de la démarche présidentielle accorderait aux forces d’agression et de déstabilisation une opportunité d’avancer vers la désintégration du pays, Denis Mukwege exhorte le régime Tshisekedi à ne pas plonger la nation dans le débat explosif sur la modification du contrat social, notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels.
« Comme l’énonce l’article 219 de la Constitution : aucune révision ne peut intervenir pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou l’état de siège et d’après l’article 220, le nombre et la durée des mandats du président de la République ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle », a-t-il rappelé, tout en demandant à la population congolaise de rejeter toute tentative de dérive autoritaire, ne pas cautionner les velléités expansionnistes et éviter toute division pour rester unis face à l’urgence de résoudre les défis existentiels.






