Alors que le pouvoir et l’opposition se fixent avec un air de défi, dans la perspective d’un troisième mandat de Félix Tshisekedi, Evariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, offre ses bons offices en vue de juguler la crise que traverse la République démocratique du Congo, un allié stratégique du Burundi, au moment où Kinshasa et Luanda, qui a jeté les bases d’un dialogue intercongolais, n’émettent plus sur la même longueur d’onde.
Avant qu’elle n’explose, la bombe « 8 juillet » a été désamorcée par le président burundais, qui a réussi à convaincre Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et Augustin Matata de ne pas investir la rue pour en découvre avec Félix Tshisekedi qu’ils accusent « de coup d’État contre la Constitution » en voulant la changer pour se maintenir au-delà de la limite de deux mandats.
Réunis au sein de la Coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel, les opposants ont annoncé vendredi avoir reçu l’invitation du président burundais « en vue d’une consultation consacrée à la situation politique, sécuritaire et institutionnelle de la République démocratique du Congo ».
Par conséquent, les leaders de l’ECiDé, Ensemble pour la République, Alliance pour le changement, Envol et LGD ont levé l’option, « dans un esprit de responsabilité » de reprogrammer leur manifestation pour le 22 juillet devant le Palais présidentiel.
« Convaincue que toute voie sérieuse susceptible de favoriser la préservation de l’ordre constitutionnel mérite d’être explorée, la C64 entend présenter avec clarté et fermeté les préoccupations du peuple congolais ainsi que les dangers qui pèsent aujourd’hui sur notre démocratie et la stabilité de la République démocratique du Congo », a annoncé l’opposition, exhortant la population à demeurer mobilisée, vigilante et unie.
Malgré ce report, les opposants ont assuré que leur engagement reste entier, détermination intacte et confiance dans la force du peuple congolais inébranlable car, ont-ils souligné, « plus que jamais, la défense de la Constitution demeure une responsabilité collective ».
La manifestation du 8 juillet présageait une confrontation entre les forces de l’ordre et les opposants. Pour le moment, Evariste Ndayishimiye est sur le point de réussir son pari, l’objectif étant de calmer les tensions, trouver un compromis pour éviter l’escalade et de rétablir le dialogue entre des camps opposés.








