Félix Tshisekedi est à Brazzaville pour imposer la voix de la RDC sur les forêts du bassin du Congo. À trois jours de la COP31, le président congolais veut rappeler que sans la forêt congolaise, il n’y a pas de lutte mondiale contre le changement climatique.
Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est arrivé jeudi 5 novembre 2026 à Brazzaville, en République du Congo, à l’invitation de son homologue Denis Sassou Nguesso. Il participe ce vendredi 6 novembre à un mini-sommet sur l’environnement, en marge de la célébration de la 40e édition de la Journée nationale de l’arbre.
Ce mini-sommet de Brazzaville n’est pas une simple cérémonie. Il coïncide avec le lancement de la Décennie des Nations unies pour le boisement et le reboisement, une initiative consacrée à la restauration des espaces forestiers et à leur gestion durable.
Un mini-sommet à Brazzaville pour préparer la COP31
Autour de Denis Sassou Nguesso, plusieurs dirigeants sont annoncés, notamment le président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, ainsi que le président de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies.
Pour la RDC, l’enjeu est clair. La COP31 s’ouvre dans trois jours, du 9 au 20 novembre 2026 en Turquie. Kinshasa entend y arriver avec une position commune du bassin du Congo, pas en ordre dispersé. La RDC veut rappeler également qu’elle abrite plus de 60% de la forêt du bassin du Congo, le deuxième massif forestier tropical au monde après l’Amazonie.
Pour les autorités congolaises, cette forêt est un réservoir de carbone et de biodiversité essentiel pour toute la planète. Et Tshisekedi pourrait faire remarquer que cette forêt a un prix, et que ce prix doit être payé à ceux qui la protègent.
PK45, la plantation d’arbres et le symbole de Brazzaville
Au cours de son séjour, le président Félix Tshisekedi doit prendre part à une cérémonie de plantation d’arbres au PK45, dans la périphérie de Brazzaville, avant d’intervenir au forum environnemental consacré aux enjeux de protection et de valorisation des ressources forestières.
Le geste est symbolique, mais il n’est pas anodin. Planter un arbre à Brazzaville, à quelques jours de la COP31, c’est envoyer un message à ceux qui, à Washington, à Bruxelles ou à Pékin, négocient les crédits carbone. C’est dire : la forêt n’est pas un décor. C’est une richesse stratégique. Et celui qui la protège doit en être le premier bénéficiaire.
La RDC se présente depuis des années comme un « pays-solution » face au changement climatique. À Brazzaville, Félix Tshisekedi veut transformer ce slogan en revendication concrète. La protection de la forêt congolaise ne peut pas être gratuite. Elle ne peut pas reposer uniquement sur les épaules des populations qui vivent de la forêt, sans compensation.
La forêt du Congo, une richesse qui ne profite pas aux Congolais
Le paradoxe est connu. La forêt du bassin du Congo est essentielle pour le monde entier, mais les populations qui la protègent vivent dans la pauvreté. À Mbandaka, à Kisangani, à Inongo, des millions de Congolais vivent de la forêt. Ils coupent du bois pour survivre, parce qu’ils n’ont pas d’alternative, parce qu’ils n’ont pas accès à l’électricité, parce qu’ils n’ont pas d’emplois.
Tant que la protection de la forêt ne se traduira pas par des revenus concrets pour ces populations, le discours de Brazzaville restera un discours de sommet, pas un discours de terrain. C’est la limite du déplacement de Félix Tshisekedi. Le diagnostic est juste. La forêt du Congo est essentielle pour la planète. Mais la question que les Congolais posent n’est plus de savoir si la forêt est importante. C’est de savoir quand la protection de cette forêt va changer leur vie quotidienne.
À Brazzaville, le président congolais veut obtenir une chose : que la COP31 reconnaisse enfin que les pays qui protègent la forêt doivent être payés pour ce service. Pas en promesses. En financements concrets, en projets de reboisement, en accès à l’énergie, en emplois verts. C’est ce que Kinshasa va défendre en Turquie, à partir du 9 novembre.









