La Belgique a condamné jeudi 20 août les sanctions américaines visant la Cour pénale internationale (CPI), ses fonctionnaires et ceux qui coopèrent avec elle. Pour Bruxelles, les mesures de l’administration Trump portent atteinte à l’indépendance et à l’impartialité de cette juridiction, qui est le dernier rempart contre l’impunité pour juger les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, le génocide et le crime d’agression lorsque les tribunaux nationaux ne peuvent ou ne veulent pas agir.
Le chef de la diplomatie belge a, dans une déclaration, défendu le droit de la CPI de pouvoir exercer librement son mandat sans intimidation ni pression politique, soulignant que les sanctions de Washington « affaiblissent la lutte mondiale contre l’impunité ».
« Il ne s’agit pas ici de défendre la souveraineté nationale. Au contraire, la souveraineté implique aussi la responsabilité de respecter les principes fondamentaux du droit international. La Belgique se tiendra toujours aux côtés des victimes dans leur quête de justice », a déclaré Maxime Prevot, qui a exprimé également la solidarité de son pays avec le personnel de la Cour et les nombreuses organisations de la société civile qui œuvrent sans relâche pour faire progresser la responsabilité.
Les États-Unis ont annoncé sanctionner « les efforts de la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des responsables dont le gouvernement n’a pas accepté la compétence de la CPI ». De plus, Washington décrit la Cour comme étant « corrompue et irrémédiablement politisée ».
Ces mesures punitives, qui ciblent notamment la présidente de la Cour, Tomoko Akane, et le premier substitut du procureur, Aboulaye Seye, sont d’après la CPI « une attaque flagrante contre l’indépendance d’une institution judiciaire impartiale » et « contraires à l’état de droit » et mettent « en danger » l’ordre judiciaire international.
En dépit de la détermination de l’administration Trump à démanteler la CPI, cette dernière a affirmé ne pas se laisser « intimider » par « les menaces et les mesures coercitives » prononcées à son encontre. Elle a réaffirmé sa volonté de rendre justice aux victimes de crimes internationaux « de façon impartiale et en toute indépendance ».






